Plug and Play, ce géant du capital-risque américain à l’assaut de la Tech africaine

Plug and Play est l’un des fonds de capital-risque les plus actifs de la Silicon Valley et possède également un segment actif pour les start-up africaines sur lequel nous nous concentrerons dans cet article. Le fonds de VC a été lancé en 2006 et a, jusqu’à ce jour, travaillé avec plus de 50 000 start-ups, réalisé plus de 1500 investissements et revendiqué plus de 30 licornes (Dropbox, PayPal, N26,…). Ils sont présents dans le monde représentés par plus de 50 bureaux dont 6 nouveaux sites en 2022.

POSITIONNEMENT DU FONDS ET TICKET

En 2022, Plug and Play a accéléré plus de 2400 startups dans le monde. Le fonds a également réalisé 247 investissements avec un ticket moyen de $96.527K. Leur ticket d’investissement initial se situe entre $25K et $500K. Les investissements peuvent aller jusqu’à $1 Million.

Le fonds est secteur agnostique et est présent dans de multiples industries telles que: la santé, la santé animale, la vente au détail, l’énergie, l’alimentation et les boissons, le maritime, les médias, la mobilité, l’immobilier et toutes les autres industries liées à la technologie. En tout, ils sont présents dans plus de 20 industries.

Les activités de Plug and Play s’articulent autour de 3 segments principaux.

  1. Innovation des entreprises

  2. Programmes d’accélération

  3. Venture Capital

La présence de Plug and Play en Afrique augmente discrètement mais sûrement. Ils ont actuellement deux bureaux sur le continent, Le Caire en Egypte et Johannesburg en Afrique du Sud. Le VC a été, en 2022,  l’un des investisseurs les plus actifs du continent avec 18 transactions et donc en moyenne plus d’une transaction par mois. Le billet moyen étant de $100K à $150K

VALEURS DU FONDS

L’objectif du fonds de VC est de financer les équipes qui construisent les entreprises du futur. Le PDG de Plug and Play, Saeed Amidi, souhaite travailler avec des organisations et des start-up avant-gardistes pour faciliter un changement positif dans le monde. Ainsi, Plug and Play a décidé de ne pas se concentrer sur un segment particulier afin de soutenir toutes les start-ups éligibles, qu’elles soient petites ou grandes.

Par conséquent, Plug and Play a créé un écosystème unique qui relie les individus, les start-ups, les organisations, les grandes entreprises et plus encore. Le réseau du VC comprend plus de 50 000 start-ups et 500 entreprises. Cet écosystème contribuera à concevoir et développer les entreprises de demain.

L’une des principales activités de Plug and Play est liée aux entreprises innovantes. Au sein de leur écosystème, ils disposent d’une équipe dédiée au jumelage de toute start-up répondant aux exigences d’un autre membre. Les entreprises partenaires auront quant à elles, une perspective unique sur les dernières tendances ainsi qu’un accès aux meilleures pratiques et normes.

Plug and Play a répertorié 9 raisons pour motiver les start-ups, les entreprises, les organisations et autres parties prenantes à les rejoindre.
  • Les associés de la start-ups participantes n’ont pas à constituer de garanties sur leur patrimoine propre
  • Les entreprises de tout stade sont les bienvenues
  • Un VC avec un ticket de $25K à $500K
  • Les start-up pitchent en privé devant des partenaires prestigieux du fonds
  • La présence mondiale de Plug and Play facilite l’adaptation à de nouveaux marchés
  • Le bâtiment de 180 000 mètres carrés des bureaux dans la Silicon Valley
  • Conseils de mentors de classe mondiale
  • 885 événements accueillis en 2022 dont plus de 65% étaient virtuels
  • Le réseau VC de Plug and Play compte plus de 300 membres qui ont aidé à lever plus de $7 milliards

ÉQUIPE DU FONDS

Plug and Play Africa dispose d’une équipe de dirigeants de grande qualité. Certains de ces leaders notables comprennent:

Le fondateur

Saeed Amidi est l’actuel PDG et fondateur de Plug and Play. Il est un investisseur et un dirigeant avec plus de 30 ans d’expérience. Amidi a été actif dans de nombreux secteurs tels que la technologie, l’immobilier et l’emballage. 

Parmi toutes ses expériences d’investissement, Saeed Amidi a toujours encouragé l’importance d’établir des relations solides et dignes de confiance, tant sur le plan professionnel que personnel. Il applique cet état d’esprit lors de la recherche de startups dans lesquelles investir, mais aussi au sein de Plug and Play. 

Outre le secteur de l’investissement, Saeed peut être trouvé en train de jouer au golf ou de passer du temps avec sa famille.

La présidente

Neda Amidi a précédemment occupé le poste de Global Head of Health avant d’être promue présidente du fonds. Amidi se concentre principalement sur l’autonomisation des jeunes femmes et des femmes fondatrices de la scène des start-up. 

Plug and Play gère sa propre initiative d’autonomisation des femmes appelée « FoundHer ».

General Partner

Alireza Masrour est l’un des associés référents (General Partner) de la société de gestion de Plug & Play Ventures et a dirigé plus de 100 investissements sur 20 000 opportunités d’investissement dans des start-up depuis 2008. Certains investissements dirigés par Masrour ont été désinvestis (exit) cf Apple, Intel ou SolarWinds.

Il dispose d’une formation en génie chimique et en gestion et a fondé NekaTel, un réseau de distribution de temps d’antenne sur Internet. 

En moins de 2 ans, il a réussi à développer NekaTel de 0 à 45 millions USD de chiffre d’affaires.

Le Chief Revenue Officer (et associé)

Le directeur des revenus de Plug and Play est Michael Olmstead et est responsable de l’expansion du marché du fonds. Il dirige des ventes d’environ $100M et gère une liste de clients avec plus de 50 d’entreprises avec une valeur de plus d’$1 milliard..

Olmstead a été le fondateur original du premier accélérateur Plug and Play spécifique à l’industrie pour la marque et la vente au détail. 

Grâce à ce programme, plus de 50 investissements axés sur le commerce ont eu lieu, dont une sortie de $4 milliards vers PayPal, une acquisition de $1 milliard par Facebook et Rappi évalué à $8 milliards.

EXEMPLES D'INVESTISSEMENTS

Les activités récentes de Plug and Play en Afrique incluent :
  • Maroc – Chari
    Chari est une startup e-commerce B2B du secteur FMCG. L’entreprise permet une proximité traditionnelle entre commerçants au Maroc pour commander des produits et se faire livrer. Chari compte déjà 20 000 entreprises et veut s’étendre à la Tunisie et à la Côte d’Ivoire. La start-up a levé $1 million en février 2023 avec un réinvestissement de Plug and Play.
  • Cameroun – Waspito
    Waspito est une startup de e-santé qui met en relation les patients avec des médecins via des consultations vidéo. D’autres services comprennent la collecte d’échantillons d’un patient et les résultats reçus numériquement. En 2022, Plug and Play a participé à la levée de fonds de 2,7 millions USD. Waspito veut se développer en Côte d’Ivoire avant de se développer dans dix autres pays dans les quatre prochaines années.
  • Egypte – Zeew
    Fondée en 2017, Zeew permet aux entreprises de lancer leurs activités de livraison à la demande en suivant et en contrôlant leurs opérations à l’aide de sa solution Saas hyperlocale. La startup égyptienne a levé 630 000 USD en seed round avec Plug and Play en 2022.
  • Nigéria – Spleet
    Spleet est une start-up prop-tech au Nigeria qui se concentre sur les produits et services de location résidentielle. L’objectif est de permettre aux propriétaires de vérifier et de contrôler les locataires et d’automatiser la perception des loyers. Le Nigéria est toujours un pays qui souffre des avances de paiement initial d’un à deux ans pour louer une propriété. Plug and Play a participé au seed round de 2,6 millions USD en octobre 2022.
  • Kenya – Imalipay
    Imalipay est une entreprise fintech qui a été fondée fin 2020. Les services de la start-up s’articulent autour d’un produit carburant acheter maintenant, payer plus tard (BNPL) pour les véhicules à deux roues. Les autres services comprennent l’assurance (santé et perte de revenu) et l’épargne. La société a clôturé un round de $3 millions en dette et en capital auquel Plug and Play a participé.

Article rédigé avec Adriana Galley

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Future Africa, d’un fonds Nigerian à un fonds panafricain d’ampleur

Future Africa a été lancé en 2020 par l’entrepreneur nigérian Iyinoluwa Aboyeji. Le fonds s’est d’abord concentré sur l’investissement dans des start-ups nigérianes mais a rapidement évolué vers un fonds panafricain. Depuis ses débuts, le fonds a déployé plus de 9,5 millions USD dans 131 investissements parmi 85 entreprises différentes.

POSITIONNEMENT DU FONDS ET TICKET

Le fonds est agnostique en terme de secteur, mais sa principale exigence d’investissement pour les start-ups est qu’elles s’attaquent aux plus grands défis actuels et futurs de l’Afrique. Cela a conduit Future Africa à investir 47% de son portefeuille dans des entreprises fintech en 2022. 

Les entreprises fintech aident principalement à développer des produits de prêt adaptés et travaillent en étroite collaboration avec leurs institutions bancaires locales. 53% des investissements restants ont été notamment menés par des start-ups de l’éducation et de la santé.

Comme indiqué précédemment, Future Africa a commencé comme un fonds d’investissement nigérian mais a rapidement changé sa vision pour l’ensemble du continent. Depuis 2022, le fonds a réussi à investir dans 10 pays, l’Afrique de l’Ouest dominant chaque année.

LES VALEURS DU FONDS

Future Africa dispose d’une communauté de plus de 300 membres.

La philosophie d’investissement de Future Africa repose sur 5 piliers.

1. Commencez par la graine plantée

Le fonds travaille avec les fondateurs dès la naissance d’une idée. Ils accompagnent la start-up pour la préparer à se transformer en une entreprise à un impact..

2. Nourri par la communauté

Future Africa a créé sa propre communauté qui comprend des fondateurs locaux, des entreprises, des investisseurs et des conseillers qui s’efforcent de « give back » de la meilleure façon.

3. Ouvert à tous

Le fonds ne croit pas à l’investissement dans un fondateur « à profil type ». Future Africa pense que les entrepreneurs audacieux et visionnaires sont capables de relever les plus grands défis de l’Afrique.

4. Enraciné dans la confiance

Les meilleures relations se bâtissent sur la confiance selon le fonds. Future Africa investit dans des entreprises qui ont été conseillées par leur propre réseau. 

5. Porter des fruits avec des graines fraîches

Future Africa croit en la prospérité régénératrice. Les anciens fondateurs des startups dans lesquelles le fonds a investi font partie de la communauté et s’engagent à redonner à la communauté à base de conseils et investissements notamment.

ÉQUIPE DU FONDS

Future Africa a été fondé par l’entrepreneur nigérian Iyinoluwa Aboyeji. Il est également le fondateur de deux des premières startups, devenues licornes, en Afrique : Flutterwave, qui se concentre sur la technologie des paiements et Andela qui est actuellement l’une des plus grandes organisations d’ingénierie du continent. 

Aboyeji a également été nommé parmi les Africains les plus influents et figurait sur la liste des 30 under 30 établie par Forbes dans la catégorie technologie. Son objectif ultime, qui est sa passion, est de construire un avenir où la prospérité et la raison d’être sont accessibles à tous les Africains.

Mia von Koschitzky-Kimani est la managing partner de Future Africa. Originaire d’Allemagne, elle a fréquenté la Harvard Business School avant de commencer sa carrière en 2009 sur le continent africain. Elle a aidé le prestigieux Boston Consulting Group à développer ses bureaux de Johannesburg et de Nairobi. 

Elle a cofondé DukaConnect, une start-up dans le commerce de détail et l’IA qui a été cédée au géant Mastercard. Koschitzky-Kimany se passionne pour l’accompagnement de startups africaines vers leur plein potentiel en s’appuyant sur une stratégie précise empreinte d’empathie.

Le fondateur et la managing partners sont aidés par une poignée de consultants présents dans le monde entier, à savoir en Afrique du Sud, au Kenya, au Nigeria, en Ouganda et aux États-Unis.

EXEMPLES D'INVESTISSEMENTS

Le track record de Future Africa indique qu’ils ont créé plus de 4 000 emplois directs en investissant dans les sociétés de leur portefeuille. 90% de leurs investissements incluent au moins un fondateur africain et 40% incluent au moins une femme fondatrice.

Future Africa a investi dans plus de 80 entreprises et a revendu sa participation (exit) avec succès à 4 reprises.

Exemples d’investissements à succès du fonds :

  • Jumba a été fondée en 2022 au Kenya. Son objectif est de simplifier l’achat et la fourniture de matériaux de construction via le web. Cela simplifie également la gestion des investissements et des stocks des entreprises de construction.

  • Flutterwave est l’une des premières entreprises africaines avec une valeur de plus d’un milliard de dollars. La technologie offre une expérience de paiement plus transparente et sécurisée. Le fondateur de Future Africa était également le fondateur de Flutterwave.

  • Releaf est une entreprise qui utilise la technologie pour faire évoluer le secteur agricole africain en rendant la chaîne d’approvisionnement plus efficace. La start-up a déjà numérisé plus de 2000 petites exploitations agricoles.

  • Moove est présent dans 13 villes sur 3 continents. La fintech permet aux conducteurs de s’offrir la propriété d’un véhicule. Les conducteurs paient des frais hebdomadaires conformément à leur contrat et seront finalement propriétaires du véhicule à la fin du terme.

  • HouseAfrica est une société d’investissement immobilier qui cherche à rendre les investissements dans des propriétés plus faciles, plus sûres et plus accessibles à tous les budgets en utilisant la technologie blockchain.

Article rédigé avec Adriana Galley

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Kara Ventures, un fonds panafricain pas comme les autres

Kara Ventures est un fonds de venture capital créé il y a un an qui a la particularité d’investir dans des start-ups early stage sur le continent africain. Ses fondateurs, Réna Kakon et Jérémy Goillot entreprennent actuellement un voyage à travers le continent afin d’y découvrir des écosystèmes novateurs et dynamiques ainsi que des pépites, tant parmi les entreprises que leurs fondateurs & fondatrices.

Positionnement du fonds et tickets

Kara Ventures est plutôt secteur & industrie agnostic, mais se positionne sur le segment de l’investissement tech en phase d’amorçage et de pré-amorçage avec des tickets compris entre 25 000 et 100 000 dollars. Ils participent ainsi à la dynamisation de ce secteur d’investissement, délaissé par beaucoup sur le continent jusque très récemment mais qui semble avoir de beaux jours devant lui (voir nos articles sur Launch Africa ventures et Helios Investment Partners). En plus de ces investissements, l’équipe du fonds souhaite accompagner les start-ups qui ont levé des fonds vers un prochain tour de levée en mettant notamment en place une stratégie « go to market » efficace et en les conseillant sur la stratégie de financement et le juridique des start-ups, grâce à l’expertise de Réna Kakon, avocate start-ups et ex- head of legal de (Fenix) Engie Energie Access.

Le fonds a été créé par Réna Kakon et Jérémy Goillot, deux français. Réna Kakon est avocate de formation, en France et en Californie (États-Unis). De plus, elle a suivi une formation Le Wagon de développeur web. Avant Kara Ventures, Réna Kakon a principalement travaillé au croisement de la tech, l’investissement, l’énergie et du juridique. Jérémy Goillot, lui, a obtenu un BBA de OMNES éducation, et a, tout comme Réna Kakon, suivi une formation Le Wagon de développement informatique. Il a ensuite investi dans de nombreuses start-ups en tant qu’investisseur providentiel. Il fait partie de la « mafia » Spendesk. En effet, il avait rejoint Spendesk, alors start-up spécialisée dans les solutions de gestion des dépenses professionnelles, au début de l’aventure (4ème employé) et y a collaboré durant 6 années de croissance.

Le LEX des fondateurs

Les deux fondateurs entreprennent actuellement un LEX (learning expedition, ou expédition d’apprentissage) sur le continent pour découvrir les différents écosystèmes de start-ups qui s’y développent. Ils partagent leur ressenti et des informations utiles sur leur site mais aussi sur une chaîne YouTube. L’objectif de ce voyage est à la fois de découvrir en détail ces marchés, mais aussi de dénicher des pépites peinant à trouver du financement en early stage pour les accompagner.

En outre, le fonds a lancé en mai 2023 l’AfricaTech Enthusiasts Night à Paris pour réunir les personnes passionnées par la Tech sur le continent. Un événement qui a rassemblé plus de 100 personnes dont Tamim El Zein de Seedstars Africa, Ghita Zniber de Kalys Ventures où encore Ange AHYI de Bpifrance & Euroquity, et auquel Dama Advisory était invité par l’intermédiaire de son associé-fondateur Eugène Saint-Grégoire.

Exemples d’investissements dans des start-ups

Kara Ventures projette d’investir dans plus de 20 entreprises à travers le continent. Le fonds a déjà investi dans plusieurs start-ups, notamment :

Pindo, une start-up DevTool rwandaise

Swypex, une Fintech égyptienne

Les fondateurs de Kara Ventures sont d’ailleurs actuellement en Egypte pour rencontrer les acteurs locaux. Si vous y êtes, n’hésitez pas à leur écrire !

Article rédigé avec Jean Courtial

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Helios Investment Partners, le fonds panafricain qui ambitionne de transformer l’Afrique

Helios Investment Partners est un fonds d’investissement privé panafricain basé à Londres, au Royaume-Uni, créé en 2004 par Tope Lawani et Babatunde Soyoye. Il dispose aujourd’hui de plus de 3,6 milliards d’actifs sous gestion, en ayant investi dans des entreprises de plus de 30 pays exclusivement en Afrique. Il y a un an, Helios a lancé son fonds de capital-risque, spécialisé dans les start-ups en démarrage : Helios digital Ventures, sous le management de Wale Ayeni.

Positionnement du fonds

Même si Helios définit sa philosophie d’investissement comme agnostique, on observe plusieurs critères qui favorisent un investissement de leur part :

  • un faible risque lié au taux de change (autrement dit, le fonds préfère investir en zone CFA)
  • ses secteurs favoris semblent être les télécoms, médias et technologies, les services financiers, les infrastructures et l’énergie, et l’immobilier.
  • le fonds cherche de façon générale des entreprises à forte croissance dont la rentabilité permettra de minimiser les risques.

Equipe du fonds

Le fonds a été créé par Tope Lawani et Babatunde Soyoye, deux nigérians qui ont tous deux plus de 25 ans d’expérience dans l’investissement et qui sont passés par TPG capital avant la création d’Hélios. Tope Lawani est diplômé d’une licence de droit et d’un MBA de la prestigieuse université Harvard, et Babatunde Soyoye est titulaire d’une licence d’ingénierie ainsi que d’un MBA de l’université de Londres (regroupant King’s et Imperial). Depuis l’année dernière, la stratégie de capital risque du groupe est dirigée par Wale Ayeni, un ancien de l’IFC (branche d’investissements dans le secteur privé de la banque mondiale).

Critères d'investissement et tickets

Le fonds investit majoritairement des tickets conséquents (estimés entre 30 et 200 millions de dollars) dans un nombre réduit d’entreprises, toutefois, il communique sur sa présence à tous les stades de développement d’une entreprise, notamment en en créant ex-nihilo comme cela a été le cas avec Helios Towers (télécoms) en 2004.

Toutefois, la nomination de Wale Ayeni comme directeur de la stratégie de capital risque du fonds et la création de Helios digital ventures semblent annoncer un élargissement et une diversification vers des investissements plus nombreux dans des start-ups en démarrage.

Exemples d’investissements dans des entreprises/start-ups

Helios Investment Partners a investi dans plusieurs entreprises à travers l’Afrique, dont certaines sont devenus des leaders de leur marché. Parmi les investissements notables du fonds figurent :

  • Interswitch : une entreprise nigériane de technologie financière qui fournit des services de paiement électronique.
  • Fawry : une entreprise égyptienne de paiement électronique qui fournit des solutions de paiement mobile.
  • Wananchi Group : une entreprise kényane de télécommunications qui fournit des services de haut débit et de télévision payante.
  • Vivo Energy : une entreprise panafricaine de distribution de carburant, présente dans plus de 20 pays.
  • Helios Towers : Une entreprise spécialisée dans les antennes téléphoniques, créée ex-nihilo par le fonds.
  • Mall for Africa : une start-up nigérianne de e-commerce dans laquelle Helios a investi des fonds en capital de croissance, soit un stade déjà avancé de la vie de la start-up.

La carte ici présente permet de se faire une idée plus exhaustive des investissements réalisés, triés géographiquement.

Launch Africa Ventures, ce fonds leader dans le financement des startups africaines

Launch Africa Ventures est un fonds de capital-risque créé en juillet 2020 par Zachariah George et Janade du Plessis. Le siège social du fonds se trouve à l’Île Maurice, et ce dernier possède plus de 36 millions de dollars d’actifs sous gestion. Le fonds a déjà investi dans plus de 100 start-ups en B2B ou B2B2C réparties dans 22 pays. Son objectif est de combler le déficit important d’investissements en seed et pre-seed sur le continent et il a été désigné investisseur le plus actif du continent (en termes de nombre de deals) pour la deuxième année consécutive en 2022 par plusieurs medias.

Le positionnement du fonds

Launch Africa investit dans des start-ups africaines en B2B ou B2B2C en seed ou pre-Serie A.

Ses investissements se concentrent principalement sur des Fintechs (38%), des market-places et e-commerces (16%), des Healthtechs (13%), des start-ups spécialisées dans la logistique et le transport (12%), dans l’analyse de donnée et l’intelligence artificielle (11%), et des Edtechs (7%). 

Même si les deux tiers de ces investissements sont réalisés sur des marchés ou des structures institutionnelles d’investissements existent déjà et où le marché du VC est développé (Nigéria, Afrique du Sud, Kenya etc.), le fonds ne se cache pas d’investir une part non négligeable de son capital dans des « marchés pionniers » où de telles structures ne sont que peu présentes. C’est le cas par exemple de la République Démocratique du Congo. Launch Africa espère ainsi adopter une approche d’avant-garde et se positionner en leader dans le développement de ses marchés en les accompagnant dans des trajectoires similaires à celles qu’ont suivies les marchés aujourd’hui « développés ».

De plus, la diversité et l’inclusion sont très importantes aux yeux de l’équipe dirigeante. A ce titre, 91% des entrepreneurs de son portfolio sont africains et 20% sont des femmes.

L’équipe du fonds

Le fonds a été créé par Zachariah George et Janade du Plessis. Le premier a suivi une formation d’ingénieur et est passé par l’institut technologique de Madras (Inde) ainsi que par Stanford (pour un master en finance). Passé entre autres par Lehman Brothers, Barclays et U-Start, il a fondé Cactus Advisors, une société de conseil aux entreprises ainsi que Startupbootcamp, un accélérateur de start-ups technologiques africaines.

À côté de cela, Zachariah George joue de la guitare, du piano et chante. Janade du Plessis lui, est titulaire d’un master de commerce à la University of the Western Cape, d’un MBA à l’université du Cap, et d’un doctorat à la Wits Business School. Il a récemment suivi le programme de formation AMP 200 à la Harvard Business School. Notamment passé par Goldman Sachs et la Banque Africaine de Développement, il a aussi fondé le fonds à impact Abrazo. Les deux fondateurs sont par ailleurs des investisseurs providentiels dans de nombreuses start-ups africaines.

VC Investment in Africa

Critères d’investissement et tickets

Le fonds investit jusqu’à 300 000 dollars par deal, pour un ticket moyen de 200 000 dollars, majoritairement à travers des investissements en S.A.F.E (Simple Agreement for Future Equity, ou BSA Air) qui permettent de convenir de la possibilité du rachat d’une partie du capital social dans le futur pour une valorisation fixée, ou déterminable. Le fonds investit en seed et attend de ses entreprises en portefeuille qu’elles soient prêtes pour un tour en série A dans les 18 mois suivant l’investissement. Le fonds s’associe souvent à d’autres fonds régionaux pour un même tour : la levée de fonds en Afrique est assurément une aventure collective.

 

Exemples d’investissements dans des start-ups

Launch Africa a déjà investi dans plus de 100 start-ups à travers le continent, voici quelques exemples :

Gozem : retrouvez ici notre article sur cette start-up togolaise

Bitmama : fintech nigériane facilitant l’accès et l’échange de crypto monnaies

Jem : une start-up sud-africaine fournissant un SaaS spécialisé dans la gestion des ressources humaines

Maxicash : fintech congolaise (basée à Kinshasa, ainsi qu’à Johannesburg) spécialisée dans les payements électroniques et les remises

Article rédigé avec Jean Courtial

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Construire son réseau d’investisseurs – Interview avec Edwin Ekué

L’entrepreneuriat est plein d’embuches. L’une des questions importantes reste celle du financement et donc de la levée de fonds. Ce sujet reste obscure pour bien des fondateurs et fondatrices et c’est à raison. Il ne s’agit pas du coeur de métier des entrepreneurs qui ne devraient pas être distraits dans une trop grande mesure par ces questions éloignées du coeur de métier : produire pour résoudre le problème et vendre à sa cible. 

C’est pour échanger sur cette thématique de la levée de fonds que nous avons rencontré Edwin Ekué, consultant pour startups africaines basé en Californie, aux Etats-Unis.

Bonjour Edwin ! J’espère que tu vas bien ! Pourrais tu te présenter à nos lecteurs et lectrices ?

Bonjour Eugène, je vais très bien merci. Tout d’abord je te remercie de m’offrir cette tribune pour me présenter.

Je suis Edwin Ekué, 34 ans, originaire du Togo et consultant pour Startups africaines.

J’ai suivi des études en droit des affaires puis en Responsabilité Sociale des entreprises (RSE). Je dirais que le fil conducteur de mon parcours professionnel est l’envie de faire de l’entreprise un acteur utile pour la société et en particulier pour mon cher continent, l’Afrique.

Pourquoi as-tu fait ce choix d’études ? Avais-tu un plan en tête ?

En sortant d’un Bac Littéraire, j’avais 2 options, la philo ou le droit. Je voulais faire de la philosophie mais mon entourage me l’a vivement déconseillé et orienté vers le droit. Alors c’est ce que j’ai fait. Pour te dire, je ne savais même pas ce qu’était le droit avant de mettre les pieds dans un amphithéâtre.

Cependant je n’ai aucun regret, car le droit m’a appris à raisonner et à ne pas rester à la surface des choses.

Je me suis spécialisé dans le droit de l’entreprise car c’est ce qui collait le plus à mon esprit entrepreneurial. Et je me suis dit à l’époque, « quitte à faire quelque chose qui te plait à moitié autant que cela soit utile pour tes projets entrepreneuriaux ».

En revanche, le Master 2 RSE à l’International Terra Institute de Paris, est bien le fruit d’un choix libre et éclairé (rires). Le besoin de donner du sens à mon avenir professionnel et de travailler sur des sujets plus opérationnels.

Comment es-tu passé de Paris à la Californie et qu’est-ce que ces changements d’environnement t’ont apporté ?

Fraîchement marié, mon épouse reçoit une proposition de travail en Californie.

Rester dans la grisaille parisienne ou tenter l’aventure de l’autre côté de l’Atlantique sous le soleil et les palmiers… La question a été vite répondue.

Depuis tout petit je voyage, change d’environnement et déménage. Je vis donc le changement très naturellement.

Comment en es-tu arrivé à travailler sur des opérations de capital-investissement (VC) ?

Arrivé aux Etats-Unis, plusieurs mois passent entre l’installation et l’obtention d’un permis de travail, puis COVID, puis confinements.

A défaut de trouver un travail je me dis, pourquoi ne pas me mettre à mon compte. Après tout, s’il y a bien un pays sur Terre pour se lancer c’est bien les States !

Je souscris à une business licence sans même savoir exactement quel service je vais proposer. Je fais le processus à l’envers. Me mettre au pied du mur m’oblige à démarrer quelque chose.

Et là, mon leitmotiv de toujours, retoque à la porte. J’ai envie de faire quelque chose au service des entreprises et qui soit utile pour la société.

Je commence par accompagner des porteurs de projets dans la création de leur entreprise. Je fais ça en freelance pour un centre de formation en ligne (POWIZ). Cette expérience me donne le goût de la gestion et la comptabilité, ce qui me conduit naturellement vers la finance.

Puis, je me penche plus sérieusement sur l’impact investing. L’idée de concilier ROI et impact social me plait énormément.

Je mène ma petite enquête… En discutant avec un panel d’entrepreneurs africains, l’enjeu n°1 qui ressort c’est la difficulté de financer leur activité.

Si le financement est l’enjeu prioritaire c’est donc cet enjeu que je veux attaquer.

Je fais mes premiers pas en aidant 2 ONG (Bénin, Togo) dans leurs campagnes de crowdfunding, puis de fil en aiguille je me retrouve à aider des Startups africaines dans leur processus de levée de fonds.

Soutenir les entreprises africaines c’est participer à l’empowerment du continent. C’est cela qui m’anime avant tout.

Quels sont pour toi les enjeux du capital investissement sur le continent ?

Vaste question. Je dirais :

– Rester souverain en faisant de la diaspora (notamment les jeunes cadres) et des familly offices une alternative forte pour le financement des entreprises. Cela par des programmes d’angel investing comme le fait très bien Dream VC par exemple.

– Développer plus de fonds d’investissement locaux capables de mobiliser des devises locales. Afin de proposer plus facilement des financements en dessous de $50K.

– Soutenir les programmes d’investment readiness pour que les entreprises locales répondent mieux aux exigences internationales.

– Rassurer les investisseurs internationaux par la due diligence faite par des acteurs sérieux sur le terrain. Pour cela je pense à la société Raisers notamment.

– Et enfin, prendre le contrôle de notre narratif, en mettant en lumière ce qui se fait de meilleur sur le continent. J’en profite pour saluer l’initiative que tu as lancé avec Zema Ventures, par laquelle tu offres une vitrine aux pépites du continent.

Quels sont les stades de Capital investissement sur lesquels tu as travaillé ?

La majorité des dossiers sur lesquels je travaille vont du Pre-seed à la Série A. Mais je ne me considère pas comme un leveur de fonds.

Mon rôle n’est pas de lever des fonds. Mon rôle est de tout mettre en œuvre pour que les Startups avec lesquelles je travaille décrochent leurs premiers entretiens avec des investisseurs, construisent leur réseau d’investisseurs 6-12 mois avant la levée de fonds, et in fine obtiennent des premiers engagements avant l’ouverture du tour de table.

Un facteur crucial que j’ai constaté lorsque je faisais de l’intermédiation Startups / investisseurs, est le fait de se présenter devant un investisseur avec des premiers engagements (mêmes informels) reçus de la part d’autres investisseurs. C’est la preuve sociale. On vous fait confiance si d’autres vous ont fait confiance. Mais pour obtenir ce type d’engagements pré-tour de table, c’est un travail qui doit se faire bien en amont de la demande de financement. Il s’agit tout simplement, de créer une relation humaine de confiance, qui vous place en tête de tous les dossiers qu’ils reçoivent !

Voici pour l’accompagnement individuel. Et pour les porteurs de projets qui veulent avoir une bonne compréhension du Venture Capital en Afrique avant de se lancer, j’ai condensé tout ceci dans une formation en ligne.

Pourquoi avoir conçu un cours en ligne en complément de ton accompagnement ?

Ce cours est né d’une frustration. Lorsque j’ai commencé à travailler avec des Startups d’Afrique anglophone, j’ai vu des méthodes de travail très différentes de ce que je pouvais voir au sein de l’écosystème francophone. Et j’ai réalisé qu’une grande partie du succès de la scène anglophone vient tout simplement de leur manière d’aborder le capital-risque. Une approche que je qualifierai de plus « commerciale ».

Par le biais de cette formation, je partage aux porteurs de projet et aux Startups Pre-seed d’Afrique francophone tout ce que j’ai pu apprendre, observer, comprendre et tester.

La formation a une visée pédagogique. Il s’agit d’apporter de la structure et de la clarté sur ce monde parfois flous qu’est le Capital-risque.

Quels conseils aux entrepreneurs pour qu’ils réussissent leur levée ?

Je donnerai 2 conseils :

  1. Le premier, ne jamais perdre de vue que vos premiers investisseurs, ce sont vos clients ! La recherche de financement ne doit pas se faire au détriment de votre traction. Sinon vous n’aurez ni l’un ni l’autre.
  2. Le deuxième, est de bâtir son réseau d’investisseurs dès le début. De telle sorte que le jour où le besoin de financement se présente, vous ayez déjà :
  • Un carnet d’adresses pré-chauffé,
  • Connaissance de leurs critères et attentes,
  • Connaissance de leur temporalité d’investissement,
  • De la traction à présenter,
  • Et surtout, encore une fois, construit une relation humaine de confiance. Et c’est tout l’objet de l’accompagnement que je propose.

Quelles évolutions appelles-tu de tes vœux pour un meilleur marché du capital investissement en Afrique dans 10 ans ?

J’aimerais voir des pas de géants se faire concernant le cadre réglementaire et les avantages fiscaux.

Qu’on se le dise, le capital-investissement est un pur produit du libéralisme. Il a donc besoin de liberté pour se mouvoir. Tant pour les entreprises que pour les investisseurs.

Le tout dans un cadre éthique, bien sûr. Un équilibre à trouver.

Où peut-on te joindre ?

Sur LinkedIn. J’y partage quotidiennement des astuces et des ressources à destination des Startups africaines.

Quels sont les entrepreneurs dont tu aimerais lire l’interview ici et pourquoi ?

Afzal Ayeva, pour la dimension juridique du capital-investissement et bénéficier de ses conseils en networking.

Yann-Marie Johnson pour qu’il nous parle de l’enjeu de la data pour piloter un business sur le continent.

Merci beaucoup Edwin

Merci à toi ! 🙂

Klas, la start-up EdTech nigériane lève 130 000 dollars auprès de business angels

La start-up créée au Nigéria par Nathan Nwachuku et Lekan Adejumo en décembre 2021 dans le but de révolutionner l’organisation de cours en ligne a levé au mois d’octobre 2022 la somme de 130 000 dollars auprès d’investisseurs providentiels (Business Angels).

De nombreux grands noms de la scène entrepreneuriale africaine tels que Akintola Adesanmi (Spleet), Odunayo Eweniyi (Piggyvest), Nadayar Enegesi (Eden life), Njoku Emmanuel (Lazerpay) ou encore Leonard Stiegeler (Jumia) ont participé à ce cycle d’investissement. La conviction de ces business angels dans leur support nous conduit à espérer un radieux avenir à cette start-up qui dispose d’investisseurs de grande qualité. En effet, pour ne citer qu’eux, Spleet est l’un des leaders sur le marché des fintechs en Afrique, marché le plus important pour les start-ups locales, et Leonard Stiegler a été à l’initiative de la marketplace la plus prolifique du continent, Klas étant une sorte de marketplace du cours en ligne, la confiance accordée par ce dernier est révélatrice du potentiel du projet.

Avec les fonds levés, l’équipe derrière ce projet compte bien devenir encore plus innovante et augmenter son impact, non seulement sur le continent, mais aussi de façon plus globale sur le secteur EdTech au Nigéria.

A propos de Klas

Klas est une plateforme de mise en relation entre professeurs et élèves sur tous types de sujets, qui utilise les nouvelles technologies pour gérer absolument tous les aspects d’un cours en ligne, ce qui est assez disruptif. En effet, si des plateformes telles que zoom peuvent permettre la réalisation de cours en ligne, le professeur aussi bien que l’élève doivent tout d’abord se rencontrer sur une autre plateforme (vie réelle, marketplaces type Leboncoin etc.), éventuellement utiliser des outils éducatifs externes (Kahoot, quizlet etc.), puis procéder au paiement à nouveau via autre plateforme (Lydia, virement bancaires etc.). Le projet de Klas est de grouper tous ces processus sur une seule plateforme et donner au professeur comme à l’élève tous les outils sur place pour la bonne réalisation du cours. Elle permet de mettre en relation professeurs et élèves, leur fournit des possibilités de vidéo-conférence, tableau blanc et quizz interractif, puis de procéder au paiement directement depuis la plateforme. De plus, elle se positionne sur un segment assez innovant en cela qu’il est différent de celui de la plupart des acteurs majeurs du cours en ligne. En effet, Coursera, Udemy, OpenClassroom etc. se concentrent sur des cours préenregistrés par des institutions certifiées. Klas permet à chacun de partager son savoir en direct.

Le business model de Klas comporte deux facettes :

  • Premièrement, Klas met en avant son identité de plateforme “free to use”. Chacun peut donc partager son savoir sans avoir à payer de licence ou de forfait au préalable à la plateforme. L’entreprise collecte ensuite une commission de 10% sur les paiements pour se financer.
  • Deuxièmement, Klas a développé un système de licences et de “versions pro” payantes pour des utilisateurs plus professionels et voulant toucher un public plus large (ces licences permettent notamment d’élargir la limite du nombre d’élève par classe, mais aussi d’abaisser la commission prélevée).

Un potentiel important sur un marché clé pour le continent africain

Klas est une start-up du domaine de l’EdTech, particulièrement dynamique et prometteur sur le continent, ou les nouvelles technologies, et notamment la téléphonie mobile et internet, sont vues comme de potentiels moyens de résoudre les défis majeurs posés par l’éducation. En effet, l’Afrique est le seul continent ou le nombre d’enfants non scolarisés augmente, cette plateforme pourrait donc permettre de toucher un nombre extrêmement large de personne et de permettre à ceux qui n’ont pas ou peu d’accès à une éducation “traditionelle” d’y avoir accès en ligne. De plus, un autre problème majeur pris à bras le corps par cette start-up est le déficit de professeurs compétents sur le continent. En effet, le ratio entre professeurs compétents et élèves a beau être extrêmement faible sur le marché de l’éducation “traditionelle” à l’école sur le continent, ce type de plateforme repousse les barrières en permettant à un grand nombre d’élèves situés n’importe où dans le monde, de suivre les cours d’un même professeur. De plus, cette plateforme permet à des gens qui ne sont pas professeurs à temps plein de partager leur savoir contre un complément de revenu, ce qui augmente forcément l’offre disponible.

Nathan Nwachuku laisse tomber sa licence d’informatique à l’université Carleton pour se consacrer pleinement à l’aventure Klas à 18 ans seulement. Cette idée lui est venue après avoir été victime d’un accident à 15 ans qui lui a valu la perte de son oeil droit et ne pas avoir pu aller à l’école pendant sa convalescence qui a duré 5 mois. Lekan Adejumo lui, est plus agé, et dispose déjà de plus de 10 ans d’expérience professionnelle dans la gestion de projets. Il est diplômé d’une licence en génie méchanique de l’université Ilorin au Nigéria. Il a récemment suivi des programmes à la prestigieuse université Harvard.

Manager des personnes de culture différentes en start up ?

Sur le continent africain, il n’est pas rare de voir travailler ensemble au sein d’une même start up :
– une personne née, élevée, ayant étudié et travaillé dans le pays en question ; 
– une personne originaire du pays en question mais ayant grandi et étudié à l’étranger ;  et
 une personne totalement étrangère au pays en question. 

Cela vous semble familier ? 

 La culture start up semble rapprocher beaucoup de profils, mais les cultures influence les façons de travailler, et par tant les relations entre collègues (voire cofondateurs.rices !).

Un cas de figure particulièrement présent dans les scale-up du continent

Les start-up qui ont levé des fonds recrutent régulièrement des profils dont la diversité est marquante. 

Ce constat est d’autant plus observé au sein des scale-up et licornes africaines. C’est le cas de la licorne Flutterwave, la célèbre fintech nigériane qui dispose d’équipes au Nigéria mais aussi à San Francisco ou encore au Royaume-Uni. Outre ces trois localisations, on retrouve parmi les salariés des personnes aux origines diverses et ayant grandi dans des pays différents par exemple, ou encore ayant étudié dans des Etats différents, dont la culture varie.

Si l’on prend l’exemple d’une autre scale-up bien connue du continent : Wave Mobile Money, le constat est similaire : une équipe sur plusieurs pays dont le Sénégal et la Côte d’Ivoire, comprenant des employés d’origines diverses, ayant étudié au Sénégal, en Cote d’Ivoire, en France ou encore au Royaume-Uni notamment. Autant de personnes avec des cultures managériales différentes.

Avoir conscience de la nécessité de manager cette diversité de talents avec adéquation

Si les talents venant de divers horizons sont une chance pour l’entreprise, encore faut-il pouvoir les faire travailler ensemble efficacement. Les différences culturelles au travail sont bien réelles comme en témoignent de nombreux « Waybackers », ce qui suscite aussi la nécessité de se préparer en amont à un « retour » sur le continent, berceau de l’humanité. C’est notamment l’un des objets de la chaîne Way Back 2 Africa.

Pour gérer ces relations complexes en aval, il est clé d’être à l’écoute. À l’écoute du groupe de talents que l’on souhaite faire travailler ensemble au service d’un projet de scale up. Mais à l’écoute aussi d’acteurs expérimentés sur ces questions de management interculturel.

Les solutions existantes pour améliorer son management interculturel

Pour une approche historique centrée sur le continent d’abord, on retrouve Benoît Thery, auteur de l’ouvrage « Le management interculturel en Afrique (2020) » publié chez Cairn.

L’auteur indique :

« On commence cette partie par quelques définitions liées à l’approche géopolitique et culturelle de l’Afrique (chapitre 1) et par les mythes et les sources de l’histoire de l’Afrique (chapitre 2), puis on la traite par un panorama large mais rapide de ses racines culturelles dans son histoire précoloniale (chapitre 3), suivi par l’impact des « prises et emprises extérieures » : premières implantations européennes, traite des esclaves, puis colonisation (chapitre 4), puis par les évolutions de la période des indépendances (chapitre 5) et enfin les évolutions religieuses (chapitre 6) ».

Pour une approche plus « business oriented », l’incontournable Gilles Atayi et sa structure G&A Africa Consulting semblent s’imposer.

En 1995, Gilles Atayi a quitté la Côte d’Ivoire pour entamer une carrière internationale. Il a travaillé au Kenya, en Afrique du Sud, en République démocratique du Congo et aux Pays-Bas. Travaillant avec des entreprises internationales de premier ordre, Gilles a contribué avec succès à des initiatives de renom sur le continent africain et au-delà. Il a notamment travaillé 12 ans pour Coca-Cola en tant que directeur du marketing et directeur pays.
Il a également travaillé pour Celtel (aujourd’hui Bharti Airtel) en tant que responsable pays et directeur marketing du groupe, en charge du renforcement des capacités. Pendant son séjour à Celtel, il a participé activement à plusieurs programmes commerciaux et d’expansion.
Au cours des 22 années qu’il a passées au service de ces entreprises dans toute l’Afrique, Gilles a recruté, développé et promu plusieurs africains à des postes de plus grande responsabilité.
Depuis septembre 2007, Gilles Atayi met son expertise et sa riche expérience au service des personnes et des organisations en Afrique, dans le domaine des stratégies de développement, du leadership et de la transformation, avec G&A Business Solutions. La société a établi des partenariats en Afrique de l’Ouest et de l’Est. G&A Business Solutions opère dans 12 pays anglophones et 13 pays francophones d’Afrique.

L'apport non négligeable de l'Odyssée manageriale

Entre ces deux intervenants, on retrouve une solution mixte : celle des conférenciers Thibaud Huriez et Romain Thievenaz. Entre l’étude sociologique menée sur les différents continents du monde, y compris deux pays d’Afrique de l’ouest et approche business, leur intervention pourrait bien être l’un des apports nécessaires à la bonne gestion du management interculturel de votre scale up

En 2021, Thibaud et Romain se sont donné un objectif : rencontrer 200 leaders/managers/collaborateurs pour réaliser une étude sur les innovations managériales dans 8 pays, pendant 6 mois et à travers 50 organisations. 

Ils en sont revenus avec une compréhension plus profonde des diversités de management. Ils sont également passés par des écoles et entreprises prestigieuses comme emlyon business school et UC Berkeley ou Kea&Partners et Icade.

De quoi expliquer les multiples conférences qu’ils ont donné sur le sujet au sein de maisons de renom comme Adobe, KPMG, Groupama, AG2R La Mondiale, Great place to work et CIM.

Dans un de leurs articles, la retranscription d’un échange avec un dirigeant de talent est forte d’enseignement. 

« En Côte d’ivoire, nous rencontrons Hervé Zongo, directeur régional de CMA CGM, passionné par les sujets de management et la dynamique collective. Il nous livre dès le début de notre entretien : “Toutes pratiques et théories sont bonnes à l’instant où le capital humain est à sa juste place, que tous les collaborateurs ont du sens dans leur travail et qu’ils ont une vision complète de où va l’organisation”.

Hervé débute chaque nouvelle année par un moment d’échange avec l’intégralité des collaborateurs de CMA CGM, y compris les chauffeurs de camion, pour leur partager la vision de l’entreprise, les objectifs et les défis. “Je pense que tout le monde doit savoir quel est précisément son rôle dans la chaîne de valeurs”. »

— voir l’article de l’Odyssée Managériale

Sources : 

LinkedIn

Sites internet des entreprises

Cairn

Jeune Afrique – Les start-up africaines démarrent 2022 en trombe

African Puzzle WORKS, la start up qui développe le nouvel assistant mobile adapté aux artisans africains

Entreprendre sur le continent africain est difficile. Pourtant, on compte chaque année de plus en plus de talents dont l’entreprise émerge par son innovation et le souhait de résoudre des problèmes clés.

C’est le cas de African Puzzle WORKS et de son équipe fondatrice qui a fait sienne la problématique des artisans et couturiers du continent. 

La start up a développé une application : un assistant personnel qui facilite l’organisation des entrepreneurs de l’informel des secteurs de l’artisanat. 

L’objectif exprimé par l’une des cofondatrices est de :

« fournir des solutions digitales appropriées aux entrepreneurs et micro entrepreneurs exclus du digital. Notre première solution est une application mobile d’organisation (version test sur Android) basée sur des fonctionnalités photos et vocales /audios qui ne nécessite pas d’avoir trop à lire ou à écrire (n’oublions pas que près de 40% de la population africaine souffre d’illectronisme et que le secteur informel porte l’économie), elle permet de gérer son business, des projets, créer un catalogue digital, centraliser des infos clients, suivre ses revenus, de manière super simple« .

Une activité en faveur des indépendants du quotidien

Fort du constat de « l’illectronisme » de nombreux indépendants sur le continent, African Puzzle cible particulièrement les entrepreneurs exclus du digital comme les artisans en Afrique, entrepreneurs de l’informel, couturiers, esthéticiennes, peintres, menuisiers peu lettrés etc, les indépendants, free lance tels que les infirmiers, pâtissiers, nurse, coach, etc. pour qui les solutions digitales existantes sont peu pratiques dans leur quotidien professionnel.

La start-up active au Togo, en Cote d’Ivoire et au Sénégal a participé au concours Blue Ocean Awards qui récompense les projets entrepreneuriaux à impact. 

Le concours de pitch a eu lieu à Dakar, au Sénégal et a ainsi récompensé African Puzzle avec le prix « Baby » de la meilleure start up de moins de 2 ans. De quoi encourager l’équipe fondatrice (composée de Mme Bams, Mme Clément et M. Mbiandjeu) qui est actuellement en cours de levée de fonds pre-seed. 

Un produit mobile simplifié, visuel et auditif

African Puzzle WORKS ou AP WORKS réduit par sa simplicité le temps de prise en main pour les entrepreneurs.
« Avec son smartphone, tout le monde sait enregistrer une note vocale, tout le monde sait prendre une photo.

Moussa le couturier, gagne du temps parce qu’aujourd’hui au moment de produire, il retrouve en un clic à toutes les infos de la commande, dans sa langue avec les notes vocales et même hors ligne !
Avant tous les détails du projet, de la commande, les changements du client étaient dans la tête de Moussa. Un oubli, une confusion dans le cahier des charges et c’était de la frustration client assurée et bien sûr le temps perdu à devoir tout refaire.

Tout est au même endroit. Une app 5 en 1 !
Moussa retrouve dans son téléphone ses infos clients, ses commandes, ses rdvs, son catalogue et peu même facilement suivre sa trésorerie et voir mois par mois le total de ses recettes et de ses dépenses.
Moussa le Chef d’atelier fait le rdv et le programme du Client et en un clic partage le programme aux couturiers de son atelier. Il est aussi enfin efficace dans la collaboration avec ses équipes« .

Une traction déjà au rendez-vous

L’entreprise a développé une version test de African Puzzle WORKS (Android) au Togo, Sénégal, Côte d’Ivoire. Cette version test a déjà fait l’objet d’une adoption par 4000 utilisateurs et utilisatrices.
Les indicateurs sont encourageants : 90% de taux de rétention, 34 minutes d’engagement par semaine, 4 minutes en moyenne par utilisation.

Des perspectives de croissance via la levée de fonds

L’entreprise recherche actuellement des business angels et des fonds de VC pour l’accompagner dans sa croissance et soutenir la délivrance de valeur. 

Si vous êtes expert du secteur du digital, SaaS B to B ou encore des marchés de l’artisanat ouest-africain, et souhaitez investir au capital d’une belle start up, n’hésitez plus et entrez en contact avec l’équipe fondatrice !

Sources : 

Si vous souhaitez investir au capital d’entreprises du continent, référencez-vous sur Zema Ventures francophone et/ou anglophone ! 

Egalement, si vous êtes un entrepreneur du continent ou qui opère sur le continent et envisagez une levée de fonds, référencez-vous sur Zema Ventures entrepreneurs francophone et/ou anglophone !

Gozem, cette start up que rien n’arrête

Cette start-up qui a marqué le paysage Togolais – Béninois poursuit son ascension. 

Ce champion d’Afrique de l’Ouest aide les particuliers à réserver des chauffeurs taxis-moto pour réaliser leurs courses.

L’entreprise a bouclé en juin 2022 un prêt de plus de 10 millions de dollars auprès de l’International Finance Corporation (IFC), cette branche de la Banque Mondiale qui finance les PME des pays en développement. 

Ces fonds facilitent l’acquisition de vélos électriques auprès de plus de 6 000 chauffeurs de taxi-moto au Togo et au Bénin. 

L’impact attendu de cette mesure est double : 
– réduire les coûts pour les chauffeurs de la plateforme
– réduire les émissions de carbone

Selon un communiqué de presse publié par Gozem, l’économie informelle en Afrique de l’Ouest et Centrale compte environ 12 millions de conducteurs de taxi-moto. La plupart d’entre eux n’ont pas accès aux banques traditionnelles et aux institutions de micro-finance pour financer leurs véhicules. Au lieu de cela, ils s’en remettent à des prêteurs informels qui appliquent des taux d’intérêt élevés, souvent supérieurs à 70 % par an.

Gozem, cette super application propose une solution unique pour une multitude de services, dont le transport, le commerce électronique et les services financiers.

La start up a lancé plusieurs programmes en Afrique francophone dont l’objectif annoncé est d’aider les conducteurs à augmenter leurs revenus, à réduire leurs coûts d’exploitation et à accéder à l’éducation.

Monsieur Aliou Maiga, directeur régional de la SFI pour l’Afrique occidentale et centrale avance que : « En travaillant avec Gozem, nous augmenterons les solutions de financement abordables et vertes pour que les conducteurs de moto-taxi passent aux vélos électriques. Nous espérons que l’investissement de la SFI (IFC) en faveur de ces communautés mal desservies encouragera d’autres investisseurs et accélérera la réduction de la pauvreté et des émissions de gaz à effet de serre sur ces marchés ».

Gozem opère actuellement dans 13 villes à travers le Togo, le Bénin, le Gabon et le Cameroun avec plus d’un million d’utilisateurs enregistrés qui ont effectué plus de 10 millions de voyages depuis son lancement.

L’entreprise a été créée en novembre 2018 par trois co-fondateurs : Gregory Costamagna, Raphael Dana et Emeka Ajene et semble loin d’avoir atteint son plein potentiel.