Norrsken22, le fonds qui veut faire naître une nouvelle génération de géants de la tech en Afrique

Norrsken22 est un fonds d’investissement disposant de 200 millions de dollars, basé au Cap en Afrique du Sud, et qui s’est donné pour mission de contribuer à l’avènement et surtout à la consolidation d’une nouvelle génération de géants de la tech sur le continent. Le fonds est soutenu par plus de 30 entrepreneurs à succès ayant fondé des licornes. Il fait partie (et a été lancé par) de l’écosystème suédois Norrsken Foundation, créé par Niklas Adalberth, co-fondateur de la fintech et licorne Klarna. Norrsken signifie aurore boréale en suédois et le nombre 22 a été choisi en référence au 22ième méridien, celui qui traverse l’Afrique en son centre.

Le positionnement du fonds

Norrsken22 investit en Afrique dans des entreprises se positionnant sur des segments disruptifs et technologiques. Le fonds s’intéresse particulièrement aux opportunités au Nigéria, au Ghana, au Kenya et en Afrique du Sud. La principale singularité de Norrsken22 vient de la taille de ses investissements et du stade à partir duquel il investit.

En effet, Norrsken22 ne vise pas les projets “early-stage” en phase d’amorçage (Pre-seed, Seed), mais souhaite plutôt investir dans des projets ayant déjà fait leurs preuves, et ayant besoin de plus de fonds pour soutenir une forte croissance déjà enclenchée. Souvent, les entrepreneurs africains dépassant le stade de la Série A ne trouvaient plus de fonds locaux ou spécialisés sur le continent disposant d’une force de frappe nécessaire pour les accompagner au dépassement du seuil de « géants », et étaient obligés de solliciter des fonds européens ou américains,  ce qui était d’autant plus complexe que ces derniers n’étaient pas au fait des réalités locales. C’est là le problème qui constitue la substance de la raison d’être de Norrsken22 : un fonds qui entend accompagner la création de nouvelles licornes africaines en tant qu’investisseur africain, spécialisé sur le continent, mettant à disposition des leviers financiers semblables à ceux des américains ou européens.

Critères d’investissement et tickets

Le fonds investit donc à partir de la Série A, mais surtout au-delà, en effet, Ngetha Waithaka, l’un des associés à la tête de Norrsken22 a déclaré que l’objectif de ce dernier était d’investir environ 40% de la capacité d’investissement du fonds dans des tickets de Série A et B, et le reste dans des tours de Série C et de réinvestissement. L’objectif du fonds et de réaliser 20 investissements avec un ticket moyen de 10 millions de dollars et pouvant a priori aller jusqu’à 16 millions, notamment en réinvestissement de sociétés en portefeuille.

L’équipe du fonds

Le fonds a été lancé par Norrsken quelques mois après l’ouverture de la Norrsken House de Kigali au Rwanda, ce qui témoigne de la volonté de cet acteur de s’intéresser plus en détail au continent et de participer à la croissance de ses entreprises. Norrsken22 jouit donc de l’expertise de Norrsken Foundation et de ses membres, en plus de celle de l’équipe spécifique de Norrsken22. 

Cette dernière est dirigée par trois personnes : Nathalie Kolbe, Ngetha Waithaka et Lexi Novitske. Nathalie Kolbe est diplômée entre autres d’un MBA de la Wits Business School, et était, avant de rejoindre Norrsken22, à la tête du capital investissement chez Actis. Ngetha Waithaka lui, est titulaire d’un MBA de Wharton (à UPenn) et est passé notamment par Crédit Suisse et Actis. Enfin, Lexi Novistke a un BBA de l’université d’Hawaii et a été, avant de rejoindre Norrsken22, associée gérante chez Acuity Ventures Partners à Lagos. 

Norrsken22 dispose donc, en plus du capital, d’une équipe solide d’experts qu’elle peut mettre à profit de ses entreprises en portefeuille.

Exemples d’investissements dans des entreprises/start-ups

Norrsken22 a déjà investi dans plusieurs start-ups sur le continent à un stade plutôt avancé, par exemple récemment :

  • TymeBank, une FinTech Sud-Africaine qui a levé 77,8 millions de dollars en Série C en mai 2023
  • Smile Identity, une start-up Nigériane spécialisée dans l’authentification et la vérification d’identité qui a levé 20 millions de dollars en Série B en février 2023
  • Sabi Am, une market-place B2B qui a levé 58 millions de dollars en avril et en mai 2022 en Série B

Plug and Play, ce géant du capital-risque américain à l’assaut de la Tech africaine

Plug and Play est l’un des fonds de capital-risque les plus actifs de la Silicon Valley et possède également un segment actif pour les start-up africaines sur lequel nous nous concentrerons dans cet article. Le fonds de VC a été lancé en 2006 et a, jusqu’à ce jour, travaillé avec plus de 50 000 start-ups, réalisé plus de 1500 investissements et revendiqué plus de 30 licornes (Dropbox, PayPal, N26,…). Ils sont présents dans le monde représentés par plus de 50 bureaux dont 6 nouveaux sites en 2022.

POSITIONNEMENT DU FONDS ET TICKET

En 2022, Plug and Play a accéléré plus de 2400 startups dans le monde. Le fonds a également réalisé 247 investissements avec un ticket moyen de $96.527K. Leur ticket d’investissement initial se situe entre $25K et $500K. Les investissements peuvent aller jusqu’à $1 Million.

Le fonds est secteur agnostique et est présent dans de multiples industries telles que: la santé, la santé animale, la vente au détail, l’énergie, l’alimentation et les boissons, le maritime, les médias, la mobilité, l’immobilier et toutes les autres industries liées à la technologie. En tout, ils sont présents dans plus de 20 industries.

Les activités de Plug and Play s’articulent autour de 3 segments principaux.

  1. Innovation des entreprises

  2. Programmes d’accélération

  3. Venture Capital

La présence de Plug and Play en Afrique augmente discrètement mais sûrement. Ils ont actuellement deux bureaux sur le continent, Le Caire en Egypte et Johannesburg en Afrique du Sud. Le VC a été, en 2022,  l’un des investisseurs les plus actifs du continent avec 18 transactions et donc en moyenne plus d’une transaction par mois. Le billet moyen étant de $100K à $150K

VALEURS DU FONDS

L’objectif du fonds de VC est de financer les équipes qui construisent les entreprises du futur. Le PDG de Plug and Play, Saeed Amidi, souhaite travailler avec des organisations et des start-up avant-gardistes pour faciliter un changement positif dans le monde. Ainsi, Plug and Play a décidé de ne pas se concentrer sur un segment particulier afin de soutenir toutes les start-ups éligibles, qu’elles soient petites ou grandes.

Par conséquent, Plug and Play a créé un écosystème unique qui relie les individus, les start-ups, les organisations, les grandes entreprises et plus encore. Le réseau du VC comprend plus de 50 000 start-ups et 500 entreprises. Cet écosystème contribuera à concevoir et développer les entreprises de demain.

L’une des principales activités de Plug and Play est liée aux entreprises innovantes. Au sein de leur écosystème, ils disposent d’une équipe dédiée au jumelage de toute start-up répondant aux exigences d’un autre membre. Les entreprises partenaires auront quant à elles, une perspective unique sur les dernières tendances ainsi qu’un accès aux meilleures pratiques et normes.

Plug and Play a répertorié 9 raisons pour motiver les start-ups, les entreprises, les organisations et autres parties prenantes à les rejoindre.
  • Les associés de la start-ups participantes n’ont pas à constituer de garanties sur leur patrimoine propre
  • Les entreprises de tout stade sont les bienvenues
  • Un VC avec un ticket de $25K à $500K
  • Les start-up pitchent en privé devant des partenaires prestigieux du fonds
  • La présence mondiale de Plug and Play facilite l’adaptation à de nouveaux marchés
  • Le bâtiment de 180 000 mètres carrés des bureaux dans la Silicon Valley
  • Conseils de mentors de classe mondiale
  • 885 événements accueillis en 2022 dont plus de 65% étaient virtuels
  • Le réseau VC de Plug and Play compte plus de 300 membres qui ont aidé à lever plus de $7 milliards

ÉQUIPE DU FONDS

Plug and Play Africa dispose d’une équipe de dirigeants de grande qualité. Certains de ces leaders notables comprennent:

Le fondateur

Saeed Amidi est l’actuel PDG et fondateur de Plug and Play. Il est un investisseur et un dirigeant avec plus de 30 ans d’expérience. Amidi a été actif dans de nombreux secteurs tels que la technologie, l’immobilier et l’emballage. 

Parmi toutes ses expériences d’investissement, Saeed Amidi a toujours encouragé l’importance d’établir des relations solides et dignes de confiance, tant sur le plan professionnel que personnel. Il applique cet état d’esprit lors de la recherche de startups dans lesquelles investir, mais aussi au sein de Plug and Play. 

Outre le secteur de l’investissement, Saeed peut être trouvé en train de jouer au golf ou de passer du temps avec sa famille.

La présidente

Neda Amidi a précédemment occupé le poste de Global Head of Health avant d’être promue présidente du fonds. Amidi se concentre principalement sur l’autonomisation des jeunes femmes et des femmes fondatrices de la scène des start-up. 

Plug and Play gère sa propre initiative d’autonomisation des femmes appelée « FoundHer ».

General Partner

Alireza Masrour est l’un des associés référents (General Partner) de la société de gestion de Plug & Play Ventures et a dirigé plus de 100 investissements sur 20 000 opportunités d’investissement dans des start-up depuis 2008. Certains investissements dirigés par Masrour ont été désinvestis (exit) cf Apple, Intel ou SolarWinds.

Il dispose d’une formation en génie chimique et en gestion et a fondé NekaTel, un réseau de distribution de temps d’antenne sur Internet. 

En moins de 2 ans, il a réussi à développer NekaTel de 0 à 45 millions USD de chiffre d’affaires.

Le Chief Revenue Officer (et associé)

Le directeur des revenus de Plug and Play est Michael Olmstead et est responsable de l’expansion du marché du fonds. Il dirige des ventes d’environ $100M et gère une liste de clients avec plus de 50 d’entreprises avec une valeur de plus d’$1 milliard..

Olmstead a été le fondateur original du premier accélérateur Plug and Play spécifique à l’industrie pour la marque et la vente au détail. 

Grâce à ce programme, plus de 50 investissements axés sur le commerce ont eu lieu, dont une sortie de $4 milliards vers PayPal, une acquisition de $1 milliard par Facebook et Rappi évalué à $8 milliards.

EXEMPLES D'INVESTISSEMENTS

Les activités récentes de Plug and Play en Afrique incluent :
  • Maroc – Chari
    Chari est une startup e-commerce B2B du secteur FMCG. L’entreprise permet une proximité traditionnelle entre commerçants au Maroc pour commander des produits et se faire livrer. Chari compte déjà 20 000 entreprises et veut s’étendre à la Tunisie et à la Côte d’Ivoire. La start-up a levé $1 million en février 2023 avec un réinvestissement de Plug and Play.
  • Cameroun – Waspito
    Waspito est une startup de e-santé qui met en relation les patients avec des médecins via des consultations vidéo. D’autres services comprennent la collecte d’échantillons d’un patient et les résultats reçus numériquement. En 2022, Plug and Play a participé à la levée de fonds de 2,7 millions USD. Waspito veut se développer en Côte d’Ivoire avant de se développer dans dix autres pays dans les quatre prochaines années.
  • Egypte – Zeew
    Fondée en 2017, Zeew permet aux entreprises de lancer leurs activités de livraison à la demande en suivant et en contrôlant leurs opérations à l’aide de sa solution Saas hyperlocale. La startup égyptienne a levé 630 000 USD en seed round avec Plug and Play en 2022.
  • Nigéria – Spleet
    Spleet est une start-up prop-tech au Nigeria qui se concentre sur les produits et services de location résidentielle. L’objectif est de permettre aux propriétaires de vérifier et de contrôler les locataires et d’automatiser la perception des loyers. Le Nigéria est toujours un pays qui souffre des avances de paiement initial d’un à deux ans pour louer une propriété. Plug and Play a participé au seed round de 2,6 millions USD en octobre 2022.
  • Kenya – Imalipay
    Imalipay est une entreprise fintech qui a été fondée fin 2020. Les services de la start-up s’articulent autour d’un produit carburant acheter maintenant, payer plus tard (BNPL) pour les véhicules à deux roues. Les autres services comprennent l’assurance (santé et perte de revenu) et l’épargne. La société a clôturé un round de $3 millions en dette et en capital auquel Plug and Play a participé.

Article rédigé avec Adriana Galley

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Future Africa, d’un fonds Nigerian à un fonds panafricain d’ampleur

Future Africa a été lancé en 2020 par l’entrepreneur nigérian Iyinoluwa Aboyeji. Le fonds s’est d’abord concentré sur l’investissement dans des start-ups nigérianes mais a rapidement évolué vers un fonds panafricain. Depuis ses débuts, le fonds a déployé plus de 9,5 millions USD dans 131 investissements parmi 85 entreprises différentes.

POSITIONNEMENT DU FONDS ET TICKET

Le fonds est agnostique en terme de secteur, mais sa principale exigence d’investissement pour les start-ups est qu’elles s’attaquent aux plus grands défis actuels et futurs de l’Afrique. Cela a conduit Future Africa à investir 47% de son portefeuille dans des entreprises fintech en 2022. 

Les entreprises fintech aident principalement à développer des produits de prêt adaptés et travaillent en étroite collaboration avec leurs institutions bancaires locales. 53% des investissements restants ont été notamment menés par des start-ups de l’éducation et de la santé.

Comme indiqué précédemment, Future Africa a commencé comme un fonds d’investissement nigérian mais a rapidement changé sa vision pour l’ensemble du continent. Depuis 2022, le fonds a réussi à investir dans 10 pays, l’Afrique de l’Ouest dominant chaque année.

LES VALEURS DU FONDS

Future Africa dispose d’une communauté de plus de 300 membres.

La philosophie d’investissement de Future Africa repose sur 5 piliers.

1. Commencez par la graine plantée

Le fonds travaille avec les fondateurs dès la naissance d’une idée. Ils accompagnent la start-up pour la préparer à se transformer en une entreprise à un impact..

2. Nourri par la communauté

Future Africa a créé sa propre communauté qui comprend des fondateurs locaux, des entreprises, des investisseurs et des conseillers qui s’efforcent de « give back » de la meilleure façon.

3. Ouvert à tous

Le fonds ne croit pas à l’investissement dans un fondateur « à profil type ». Future Africa pense que les entrepreneurs audacieux et visionnaires sont capables de relever les plus grands défis de l’Afrique.

4. Enraciné dans la confiance

Les meilleures relations se bâtissent sur la confiance selon le fonds. Future Africa investit dans des entreprises qui ont été conseillées par leur propre réseau. 

5. Porter des fruits avec des graines fraîches

Future Africa croit en la prospérité régénératrice. Les anciens fondateurs des startups dans lesquelles le fonds a investi font partie de la communauté et s’engagent à redonner à la communauté à base de conseils et investissements notamment.

ÉQUIPE DU FONDS

Future Africa a été fondé par l’entrepreneur nigérian Iyinoluwa Aboyeji. Il est également le fondateur de deux des premières startups, devenues licornes, en Afrique : Flutterwave, qui se concentre sur la technologie des paiements et Andela qui est actuellement l’une des plus grandes organisations d’ingénierie du continent. 

Aboyeji a également été nommé parmi les Africains les plus influents et figurait sur la liste des 30 under 30 établie par Forbes dans la catégorie technologie. Son objectif ultime, qui est sa passion, est de construire un avenir où la prospérité et la raison d’être sont accessibles à tous les Africains.

Mia von Koschitzky-Kimani est la managing partner de Future Africa. Originaire d’Allemagne, elle a fréquenté la Harvard Business School avant de commencer sa carrière en 2009 sur le continent africain. Elle a aidé le prestigieux Boston Consulting Group à développer ses bureaux de Johannesburg et de Nairobi. 

Elle a cofondé DukaConnect, une start-up dans le commerce de détail et l’IA qui a été cédée au géant Mastercard. Koschitzky-Kimany se passionne pour l’accompagnement de startups africaines vers leur plein potentiel en s’appuyant sur une stratégie précise empreinte d’empathie.

Le fondateur et la managing partners sont aidés par une poignée de consultants présents dans le monde entier, à savoir en Afrique du Sud, au Kenya, au Nigeria, en Ouganda et aux États-Unis.

EXEMPLES D'INVESTISSEMENTS

Le track record de Future Africa indique qu’ils ont créé plus de 4 000 emplois directs en investissant dans les sociétés de leur portefeuille. 90% de leurs investissements incluent au moins un fondateur africain et 40% incluent au moins une femme fondatrice.

Future Africa a investi dans plus de 80 entreprises et a revendu sa participation (exit) avec succès à 4 reprises.

Exemples d’investissements à succès du fonds :

  • Jumba a été fondée en 2022 au Kenya. Son objectif est de simplifier l’achat et la fourniture de matériaux de construction via le web. Cela simplifie également la gestion des investissements et des stocks des entreprises de construction.

  • Flutterwave est l’une des premières entreprises africaines avec une valeur de plus d’un milliard de dollars. La technologie offre une expérience de paiement plus transparente et sécurisée. Le fondateur de Future Africa était également le fondateur de Flutterwave.

  • Releaf est une entreprise qui utilise la technologie pour faire évoluer le secteur agricole africain en rendant la chaîne d’approvisionnement plus efficace. La start-up a déjà numérisé plus de 2000 petites exploitations agricoles.

  • Moove est présent dans 13 villes sur 3 continents. La fintech permet aux conducteurs de s’offrir la propriété d’un véhicule. Les conducteurs paient des frais hebdomadaires conformément à leur contrat et seront finalement propriétaires du véhicule à la fin du terme.

  • HouseAfrica est une société d’investissement immobilier qui cherche à rendre les investissements dans des propriétés plus faciles, plus sûres et plus accessibles à tous les budgets en utilisant la technologie blockchain.

Article rédigé avec Adriana Galley

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Kara Ventures, un fonds panafricain pas comme les autres

Kara Ventures est un fonds de venture capital créé il y a un an qui a la particularité d’investir dans des start-ups early stage sur le continent africain. Ses fondateurs, Réna Kakon et Jérémy Goillot entreprennent actuellement un voyage à travers le continent afin d’y découvrir des écosystèmes novateurs et dynamiques ainsi que des pépites, tant parmi les entreprises que leurs fondateurs & fondatrices.

Positionnement du fonds et tickets

Kara Ventures est plutôt secteur & industrie agnostic, mais se positionne sur le segment de l’investissement tech en phase d’amorçage et de pré-amorçage avec des tickets compris entre 25 000 et 100 000 dollars. Ils participent ainsi à la dynamisation de ce secteur d’investissement, délaissé par beaucoup sur le continent jusque très récemment mais qui semble avoir de beaux jours devant lui (voir nos articles sur Launch Africa ventures et Helios Investment Partners). En plus de ces investissements, l’équipe du fonds souhaite accompagner les start-ups qui ont levé des fonds vers un prochain tour de levée en mettant notamment en place une stratégie « go to market » efficace et en les conseillant sur la stratégie de financement et le juridique des start-ups, grâce à l’expertise de Réna Kakon, avocate start-ups et ex- head of legal de (Fenix) Engie Energie Access.

Le fonds a été créé par Réna Kakon et Jérémy Goillot, deux français. Réna Kakon est avocate de formation, en France et en Californie (États-Unis). De plus, elle a suivi une formation Le Wagon de développeur web. Avant Kara Ventures, Réna Kakon a principalement travaillé au croisement de la tech, l’investissement, l’énergie et du juridique. Jérémy Goillot, lui, a obtenu un BBA de OMNES éducation, et a, tout comme Réna Kakon, suivi une formation Le Wagon de développement informatique. Il a ensuite investi dans de nombreuses start-ups en tant qu’investisseur providentiel. Il fait partie de la « mafia » Spendesk. En effet, il avait rejoint Spendesk, alors start-up spécialisée dans les solutions de gestion des dépenses professionnelles, au début de l’aventure (4ème employé) et y a collaboré durant 6 années de croissance.

Le LEX des fondateurs

Les deux fondateurs entreprennent actuellement un LEX (learning expedition, ou expédition d’apprentissage) sur le continent pour découvrir les différents écosystèmes de start-ups qui s’y développent. Ils partagent leur ressenti et des informations utiles sur leur site mais aussi sur une chaîne YouTube. L’objectif de ce voyage est à la fois de découvrir en détail ces marchés, mais aussi de dénicher des pépites peinant à trouver du financement en early stage pour les accompagner.

En outre, le fonds a lancé en mai 2023 l’AfricaTech Enthusiasts Night à Paris pour réunir les personnes passionnées par la Tech sur le continent. Un événement qui a rassemblé plus de 100 personnes dont Tamim El Zein de Seedstars Africa, Ghita Zniber de Kalys Ventures où encore Ange AHYI de Bpifrance & Euroquity, et auquel Dama Advisory était invité par l’intermédiaire de son associé-fondateur Eugène Saint-Grégoire.

Exemples d’investissements dans des start-ups

Kara Ventures projette d’investir dans plus de 20 entreprises à travers le continent. Le fonds a déjà investi dans plusieurs start-ups, notamment :

Pindo, une start-up DevTool rwandaise

Swypex, une Fintech égyptienne

Les fondateurs de Kara Ventures sont d’ailleurs actuellement en Egypte pour rencontrer les acteurs locaux. Si vous y êtes, n’hésitez pas à leur écrire !

Article rédigé avec Jean Courtial

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Helios Investment Partners, le fonds panafricain qui ambitionne de transformer l’Afrique

Helios Investment Partners est un fonds d’investissement privé panafricain basé à Londres, au Royaume-Uni, créé en 2004 par Tope Lawani et Babatunde Soyoye. Il dispose aujourd’hui de plus de 3,6 milliards d’actifs sous gestion, en ayant investi dans des entreprises de plus de 30 pays exclusivement en Afrique. Il y a un an, Helios a lancé son fonds de capital-risque, spécialisé dans les start-ups en démarrage : Helios digital Ventures, sous le management de Wale Ayeni.

Positionnement du fonds

Même si Helios définit sa philosophie d’investissement comme agnostique, on observe plusieurs critères qui favorisent un investissement de leur part :

  • un faible risque lié au taux de change (autrement dit, le fonds préfère investir en zone CFA)
  • ses secteurs favoris semblent être les télécoms, médias et technologies, les services financiers, les infrastructures et l’énergie, et l’immobilier.
  • le fonds cherche de façon générale des entreprises à forte croissance dont la rentabilité permettra de minimiser les risques.

Equipe du fonds

Le fonds a été créé par Tope Lawani et Babatunde Soyoye, deux nigérians qui ont tous deux plus de 25 ans d’expérience dans l’investissement et qui sont passés par TPG capital avant la création d’Hélios. Tope Lawani est diplômé d’une licence de droit et d’un MBA de la prestigieuse université Harvard, et Babatunde Soyoye est titulaire d’une licence d’ingénierie ainsi que d’un MBA de l’université de Londres (regroupant King’s et Imperial). Depuis l’année dernière, la stratégie de capital risque du groupe est dirigée par Wale Ayeni, un ancien de l’IFC (branche d’investissements dans le secteur privé de la banque mondiale).

Critères d'investissement et tickets

Le fonds investit majoritairement des tickets conséquents (estimés entre 30 et 200 millions de dollars) dans un nombre réduit d’entreprises, toutefois, il communique sur sa présence à tous les stades de développement d’une entreprise, notamment en en créant ex-nihilo comme cela a été le cas avec Helios Towers (télécoms) en 2004.

Toutefois, la nomination de Wale Ayeni comme directeur de la stratégie de capital risque du fonds et la création de Helios digital ventures semblent annoncer un élargissement et une diversification vers des investissements plus nombreux dans des start-ups en démarrage.

Exemples d’investissements dans des entreprises/start-ups

Helios Investment Partners a investi dans plusieurs entreprises à travers l’Afrique, dont certaines sont devenus des leaders de leur marché. Parmi les investissements notables du fonds figurent :

  • Interswitch : une entreprise nigériane de technologie financière qui fournit des services de paiement électronique.
  • Fawry : une entreprise égyptienne de paiement électronique qui fournit des solutions de paiement mobile.
  • Wananchi Group : une entreprise kényane de télécommunications qui fournit des services de haut débit et de télévision payante.
  • Vivo Energy : une entreprise panafricaine de distribution de carburant, présente dans plus de 20 pays.
  • Helios Towers : Une entreprise spécialisée dans les antennes téléphoniques, créée ex-nihilo par le fonds.
  • Mall for Africa : une start-up nigérianne de e-commerce dans laquelle Helios a investi des fonds en capital de croissance, soit un stade déjà avancé de la vie de la start-up.

La carte ici présente permet de se faire une idée plus exhaustive des investissements réalisés, triés géographiquement.

Launch Africa Ventures, ce fonds leader dans le financement des startups africaines

Launch Africa Ventures est un fonds de capital-risque créé en juillet 2020 par Zachariah George et Janade du Plessis. Le siège social du fonds se trouve à l’Île Maurice, et ce dernier possède plus de 36 millions de dollars d’actifs sous gestion. Le fonds a déjà investi dans plus de 100 start-ups en B2B ou B2B2C réparties dans 22 pays. Son objectif est de combler le déficit important d’investissements en seed et pre-seed sur le continent et il a été désigné investisseur le plus actif du continent (en termes de nombre de deals) pour la deuxième année consécutive en 2022 par plusieurs medias.

Le positionnement du fonds

Launch Africa investit dans des start-ups africaines en B2B ou B2B2C en seed ou pre-Serie A.

Ses investissements se concentrent principalement sur des Fintechs (38%), des market-places et e-commerces (16%), des Healthtechs (13%), des start-ups spécialisées dans la logistique et le transport (12%), dans l’analyse de donnée et l’intelligence artificielle (11%), et des Edtechs (7%). 

Même si les deux tiers de ces investissements sont réalisés sur des marchés ou des structures institutionnelles d’investissements existent déjà et où le marché du VC est développé (Nigéria, Afrique du Sud, Kenya etc.), le fonds ne se cache pas d’investir une part non négligeable de son capital dans des « marchés pionniers » où de telles structures ne sont que peu présentes. C’est le cas par exemple de la République Démocratique du Congo. Launch Africa espère ainsi adopter une approche d’avant-garde et se positionner en leader dans le développement de ses marchés en les accompagnant dans des trajectoires similaires à celles qu’ont suivies les marchés aujourd’hui « développés ».

De plus, la diversité et l’inclusion sont très importantes aux yeux de l’équipe dirigeante. A ce titre, 91% des entrepreneurs de son portfolio sont africains et 20% sont des femmes.

L’équipe du fonds

Le fonds a été créé par Zachariah George et Janade du Plessis. Le premier a suivi une formation d’ingénieur et est passé par l’institut technologique de Madras (Inde) ainsi que par Stanford (pour un master en finance). Passé entre autres par Lehman Brothers, Barclays et U-Start, il a fondé Cactus Advisors, une société de conseil aux entreprises ainsi que Startupbootcamp, un accélérateur de start-ups technologiques africaines.

À côté de cela, Zachariah George joue de la guitare, du piano et chante. Janade du Plessis lui, est titulaire d’un master de commerce à la University of the Western Cape, d’un MBA à l’université du Cap, et d’un doctorat à la Wits Business School. Il a récemment suivi le programme de formation AMP 200 à la Harvard Business School. Notamment passé par Goldman Sachs et la Banque Africaine de Développement, il a aussi fondé le fonds à impact Abrazo. Les deux fondateurs sont par ailleurs des investisseurs providentiels dans de nombreuses start-ups africaines.

VC Investment in Africa

Critères d’investissement et tickets

Le fonds investit jusqu’à 300 000 dollars par deal, pour un ticket moyen de 200 000 dollars, majoritairement à travers des investissements en S.A.F.E (Simple Agreement for Future Equity, ou BSA Air) qui permettent de convenir de la possibilité du rachat d’une partie du capital social dans le futur pour une valorisation fixée, ou déterminable. Le fonds investit en seed et attend de ses entreprises en portefeuille qu’elles soient prêtes pour un tour en série A dans les 18 mois suivant l’investissement. Le fonds s’associe souvent à d’autres fonds régionaux pour un même tour : la levée de fonds en Afrique est assurément une aventure collective.

 

Exemples d’investissements dans des start-ups

Launch Africa a déjà investi dans plus de 100 start-ups à travers le continent, voici quelques exemples :

Gozem : retrouvez ici notre article sur cette start-up togolaise

Bitmama : fintech nigériane facilitant l’accès et l’échange de crypto monnaies

Jem : une start-up sud-africaine fournissant un SaaS spécialisé dans la gestion des ressources humaines

Maxicash : fintech congolaise (basée à Kinshasa, ainsi qu’à Johannesburg) spécialisée dans les payements électroniques et les remises

Article rédigé avec Jean Courtial

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Tanda boucle un tour de Pre-Serie A auprès de Havaic

Tanda, une fintech implantée au Kenya, boucle un tour de Pre-Serie A auprès de Havaic et DFS Lab en octobre 2022.

 Comme indiqué sur son site, la start up a pour principal objectif de transformer et de débloquer la croissance Africaine grâce à l’accès aux services financiers essentiels. Cette mission est extrêmement importante pour les fondateurs car cela implique de résoudre deux des problèmes de croissance les plus importants du continent : 

– Sécurité avec la numérisation des espèces – Plus de 90 % des transactions
sur le continent se font toujours en espèces.

– Facilité d’utilisation car plus de 70% de la population n’a pas accès à
des services financiers formels

Au cours des quatre dernières années, la société a généré plus de quatre millions de transactions et apporté ses services à plus de 30 000 entreprises, 800 000 personnes et plus de 100 développeurs, dont Twiga Foods et Bento.

Cette levée permettra à la start up d’investir dans des partenaires stratégiques, d’accélérer le développement de produits et de se développer au Kenya et en Afrique de l’Est au cours des 15 prochains mois.

Aussi, Tanda développe de nouvelles identités de marque pour mieux incarner son portefeuille de produits en développement, comme :

Tanda Trader : une application permettant aux entreprises d’accepter des paiements, de vendre des produits numériques et d’accéder à des financements ;
Tanda Pocket : un portefeuille virtuel avec des cartes numériques pour dépenser, suivre ses finances personnelles ; et
Tanda I/O : une bibliothèque d’API qui simplifie la manière dont les entreprises collectent et répartissent les paiements entre les agents, les réseaux mobiles et les fournisseurs de services publics.

Une levée fort utile, pour une entreprise en pleine croissance.

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Talk360 lève 3M USD auprès de fonds de VC

C’est en octobre 2022 que la transaction arrive à son terme. Talk360, cette start up Sud-Africaine lève en tout 7 millions de dollars en Seed puisqu’elle avait déjà réalisé un tour de 4 millions en juin 2022. Une belle performance quand la plupart des levées en amorçage peinent à atteindre le tiers de celle-ci. 

La start up opère dans le secteur des Télécoms. Elle développe un « Voice over Internet Protocol » (VoIP) qui permet à ses clients de passer des appels internationaux via son application pour un prix plus attractif.

Elle a été fondée en 2016 et compte aujourd’hui trois associés : Hans Osnabrugge (Pays-Bas), Dean Hiine (Afrique du Sud) et Jorne Schamp (Pays-Bas).  

Outre les Télécom, Talk360 vise à mettre en place une solution intégrée et pan-africaine de paiements. L’objectif est d’intégrer toutes les options de paiement par pays à la plateforme. C’est déjà pour développer l’agrégateur de services paiement que la start up avait levé 4 millions en juin avant de compléter par un tour de 3 millions en octobre 2022. 

Parmi les fonds ayant participé au tour de table, on retrouve Allan Gray E2 Ventures (AGEV), Kalon Venture Partners, E4E Africa, Endeavor, HAVAÍC et des Business Angels commeTjaart van der Walt et Coenraad Jonker.

Sources : 

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