Le Crowdfunding au Maroc : une nouvelle ère de financement Tech, soutenue par un cadre légal robuste

4–7 minutes

Introduction

Le crowdfunding marocain, encadré par la loi n°15-18 depuis 2021, émerge comme une solution alternative pour financer l’innovation technologique. Malgré des défis persistants, cet écosystème attire des acteurs locaux et internationaux, du fait d’un grand potentiel économique et de réformes ambitieuses.

1. Le cadre juridique : une révolution réglementaire

La loi 15-18 a jeté les bases d’un crowdfunding structuré, attirant l’attention des acteurs financiers locaux et internationaux. Cette loi définit clairement les règles pour trois types de financement :

Les opérations de don et de prêt sont placées sous le contrôle de Bank AI Maghrib et du Secrétariat général du gouvernement, tandis que les activités d’investissement sont supervisées par l’Autorité Marocaine des Marchés de Capitaux (AMMC) qui vient de mettre en ligne un portail dédié.

Le rôle de Bank Al-Maghrib et de l’AMMC est central pour l’agrément de ces plateformes.

L’article « Financement collaboratif : Le cadre législatif favorise un climat de confiance des utilisateurs et des investisseurs » sur le site de Finance news hebdo fournit une vue d’ensemble détaillée du cadre juridique et réglementaire pour le crowdfunding au Maroc, et les textes de loi et règlement sont accessibles sur le site internet de Bank Al-Maghrib

2. Les “success stories” du secteur déjà en lice

  • AKKAN, une plateforme de crowdfunding basée sur le prêt et l’investissement en capital

Lancée en 2020, par Nasser KETTANI notamment (ex-CTO Microsoft), AKKAN ambitionne de redéfinir le financement des petites et moyennes entreprises (PME) et startups marocaines à travers une plateforme de crowdfunding axée sur l’investissement en capital et le prêt participatif. Se démarquant des modèles traditionnels centrés sur le don ou la prévente, AKKAN offre aux contributeurs la possibilité de devenir actionnaires ou prêteurs, les associant directement à la croissance des entreprises qu’ils soutiennent.

L’objectif d’AKKAN est de créer un lien entre les investisseurs (particuliers ou institutionnels) et les entreprises à fort potentiel, stimulant ainsi un écosystème entrepreneurial plus dynamique et diversifié. La plateforme s’assure de mettre l’accent sur la transparence et la sécurité, en utilisant des processus  de vérification et d’évaluation qui se veulent rigoureux pour garantir la confiance des investisseurs.

  • Kiwi Collecte, la plateforme de crowdfunding basée sur le don

En mars 2024, Kiwi Collecte est devenue l’une des premières plateformes marocaines à obtenir un agrément de la Banque Al-Maghrib (BAM) pour le crowdfunding par don. Fondée en 2021 par Sarah Jaidi et Othmane Lamrini, cette startup s’est spécialisée dans le financement de projets culturels, sportifs et entrepreneuriaux, et vise à répondre aux exigences de transparence et de sécurité imposées par le nouveau cadre juridique. Son business model repose sur une commission prélevée sur les montants collectés, avec des campagnes comme le Téléthon Maroc 2025 pour le centre de réhabilitation Noor, visant à lever 20 millions de dirhams. 

Kiwi Collecte a su capitaliser sur l’agrément pour élargir son portefeuille de projets, en ciblant notamment les startups peinant à accéder aux financements bancaires traditionnels. 

La plateforme mise sur une communication adaptée et des partenariats institutionnels, comme en témoigne sa présence au GITEX Africa 2024 à Marrakech, où elle a présenté son modèle à un public international.

3. Une nouvelle classe de fintechs à financer

Comme pour plusieurs Sociétés de Financement Collaboratif (SFC), qui ont une vocation à démocratiser le crowdfunding, beaucoup auront besoin de lever des fonds pour le développement de leurs plateformes. En quoi est-ce que cela consiste ?

Et bien l’opération de levée de fonds s’illustre par le soutien de divers investisseurs stratégiques, cherchant à propulser l’entreprise dans sa phase de croissance. 

Cela servira à développer davantage la technologie de la Plateforme électronique de Financement Collaboratif (PCF), à augmenter l’empreinte de marché et à optimiser les opérations grâce à une meilleure régulation. Les fonds permettront aussi d’assurer la conformité aux nouvelles réglementations introduites par la Loi 15-18 tout en permettant au public de pouvoir investir et bénéficier de potentiels retours sur investissements qu’offre l’économie marocaine.

4. Implications pour le marché

L’historique de transactions souligne l’attractivité croissante du secteur du crowdfunding au Maroc, renforcée par une infrastructure juridique robuste. Elle positionne les Sociétés de Financement Collaboratif (SFC) comme des acteurs clés, capables de remodeler les avenues du financement alternatif par le biais de l’innovation et de la conformité réglementaire.

D’après le baromètre publié par Happy Smala en 2024, la période allant de 2021 à 2023 a été marquée par une nette accélération du crowdfunding au Maroc. Durant ces trois années, 409 campagnes ont permis de mobiliser un total 10,9 millions de dirhams soit c.1 M€, illustrant l’intégration croissante de ce mode de financement alternatif dans le paysage entrepreneurial marocain. Cette évolution témoigne de l’intérêt grandissant pour des solutions de financement innovantes, particulièrement dans un contexte où l’accès aux circuits classiques demeure limité pour de nombreux porteurs de projets.

Pour le secteur global, cela signifie un potentiel de croissance accru, avec un cadre propice attirant plus d’acteurs internationaux intéressés par des investissements durables et réglementés.

Conclusion

La mise en place d’un cadre juridique complet pour le crowdfunding au Maroc, marque un moment charnière dans le paysage de la levée de fonds au Royaume Chérifien. Cette évolution ne signifie pas seulement l’attrait croissant du secteur du crowdfunding, mais ouvre également la voie à un environnement d’investissement plus structuré et plus sûr. Pour les entreprises, en particulier les entreprises technologiques et les jeunes pousses de l’industrie verte, il s’agit d’une occasion en or de puiser dans de nouveaux gisements de capitaux et de stimuler l’innovation.

À l’avenir, le potentiel de croissance du marché du crowdfunding est considérable, ouvrant la voie à des avancées technologiques plus importantes et à une plus grande pénétration du marché. Ce potentiel est d’autant plus important que le cadre réglementaire fourni par la Loi 15-18 encourage les investisseurs nationaux et internationaux à explorer le marché marocain avec une plus grande confiance.

Cet attractivité doit néanmoins être nuancée en ce que les montants obtenus par crowdfunding sont généralement relativement faibles, ce marché ayant eu des résultats plus faibles que les espérances en europe. Il n’empêche que dans un contexte de forte croissance économique et d’insuffisance de l’investissement, toute source additionnelle est bonne à prendre, d’autant plus lorsqu’elle peut permettre une distribution du capital plus juste entre les mains des entrepreneurs méritants.

Article rédigé avec le concours de Fabrice BOTOKRO, analyste chez Dama. 

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Sources : 

Quel type de levée de fonds pour ma start up ?

Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver entre les termes du métier du capital investissement ou Venture Capital. Le but de cet article est d’aider à comprendre ce à quoi ces termes peuvent renvoyer. Nous n’étudions ici que les levées de fonds en capital et n’approfondirons pas les prêts et grants.

Pre-Seed

La première étape de la vie d’une entreprise en termes de levée de fonds, c’est généralement le Pre-Seed ou amorçage. À l’occasion de ce stade d’investissement, l’entreprise est souvent très jeune. 

👉 Il y a des preuves de traction (demande forte et preuves d’adoption de la solution par des clients)

👉 Il y a de potentiels clients, prêts à payer

👉 Il y a eu une étude approfondie, voire un prototype sur la façon de délivrer la valeur aux clients.

Souvent, ce stade de levée est l’apanage des « friends & family » ou amis et la famille, c’est à dire la « love money ». Tout le monde n’étant pas égal face à son environnement proche, d’autres solutions peuvent se présenter : l’auto-financement (en prenant un travail salarié et en utilisant une partie de son salaire), les Business Angels, ou encore certains fonds de VC (assez rares) qui peuvent s’intéresser à des entreprises y compris à ce stade. 

En l’absence de « love money » significative, l’appartenance à un incubateur renommé sera un allié de poids dans la recherche de fonds.

Les montants levés sont généralement compris entre 20 000 euros et 250 000 euros à ce stade.

Seed

Synonyme également d’amorçage, la phase de Seed marque le moment ou l’entreprise veut financer sa croissance après avoir atteint un certain niveau de chiffre d’affaires (variable selon les fonds mais allant de 60 000 euros par an minimum à environ 200 000 euros pour la plupart et jusqu’à 1 million d’euros par an de chiffre d’affaires minimum pour certains).

Les fonds servent alors à deux principaux objectifs :

👉 allier des experts métiers pour bénéficier d’un accompagnement ponctuel dans le déploiement de la solution à plus grande échelle

👉 financer l’effort de déploiement commercial et les frais de passage à l’échelle supérieure

Ce type de levée inclut fréquemment un fonds de VC « early-stage » et des Business Angels. Le montant de la levée est généralement inclut entre 200 000 euros et 1,5 million d’euros.2

 

Serie A

La Serie A constitue le tour au cours duquel la participation des fonds de VC et assimilés (sociétés d’investissements, family office, département capital-investissement de grandes entreprises) est systématique. 

Au cours de ce tour, l’entreprise doit avoir confirmé son « Product Market Fit », avec des niveaux significatifs de chiffre d’affaires. 

La série A vise principalement les entreprises qui veulent se développer sur leur marché à l’échelle nationale.

Les fonds levés dans le cadre d’une série A s’élèvent généralement de 2 à 15 millions d’euros.

Serie B & suivants

Au cours de ce tour, les fonds de « Growth » (capital-développement) investissent dans sociétés solidement ancrées sur leur marché et en pleine croissance afin de soutenir leur accélération, leur internationalisation et la mise en place d’une politique de croissance-externe (build-up : acquisition d’entreprises). 

Au cours de tels tours, les levées de fonds atteignent des montants supérieurs à 10 millions d’euros.

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Qu’est-ce qu’un business angel & pourquoi le devenir ?

L’entrepreneuriat sur le continent n’a jamais autant été mis en avant. Que ce soit dans les déclarations de responsables politiques du continent, d’initiatives de pays tiers en faveur de l’entrepreneuriat sur le continent, ou encore l’intérêt sans cesse croissant d’investisseurs professionnels pour certaines entreprises du continent.

On peut penser au Conseil Présidentiel pour l’Afrique d’Emmanuel Macron,  hébergé par l’Agence Française de Développement. On peut également penser à l’action de Bpifrance qui incite les entreprises à investir les marchés africains, ou encore à faciliter les investissements dans des entreprises du continent. On aussi peut penser au institutions publiques des Etats du continent qui mettent en avant l’économie numérique comme la République Togolaise par exemple avec son ministère de l’économie numérique. Enfin, on observe cet essor via l’augmentation de l’activité d’incubateurs d’entreprises directement sur le continent, y compris en Afrique francophone.

Pourtant, les moyens manquent face à l’ampleur du fourmillement entrepreneurial d’un continent dont la moitié de la population est jeune, la plupart sans emploi, mais formée et avec de fortes activités entrepreneuriales.

Si de plus en plus de fonds occidentaux, orientaux et asiatiques investissent le continent, c’est aussi le cas de business angels, notamment issus des diasporas.

UN BUSINESS ANGEL EST UN INVESTISSEUR PROVIDENTIEL. C’EST UNE PERSONNE SOUVENT ROMPUE À LA PRATIQUE DES AFFAIRES (UN ANCIEN ENTREPRENEUR, OU UN CADRE SUPÉRIEUR) QUI SOUHAITE PARTAGER DU CAPITAL ET DE L’EXPERTISE AVEC UN.E ENTREPRENEUR.E. 

Ces investisseurs providentiels, notamment lorsqu’ils sont en diasporas ou dans leur pays, sont très utiles au développement des entreprises parce qu’il y a une proximité culturelle et du contexte des affaires plus importante.

Lorsqu’il investit dans une entreprise, le business angel ne recherche pas à octroyer un prêt. C’est sous forme d’investissement en capital qu’il intervient. En réalité, c’est une forme d’association à temps partiel : l’investisseur prendra en contrepartie de son apport une fraction du capital (en moyenne entre 5% et 25% en fonction du cas de figure et du montant de la levée, pour un premier tour de financement). L’entrepreneur bénéficiera donc d’argent frais, d’une plus forte capitalisation, et d’un accompagnement de personnes expérimentées du secteur.

L’investissement du business angel est un investissement à long terme. Comme il investit au capital de la société, en échange d’actions ou de parts sociales, il ne pourra obtenir son gain sur investissement qu’en revendant ses actions. Or, celles-ci n’étant pas cotées, c’est à l’occasion de stades particuliers qu’une telle cession pourra avoir lieu, comme un « LBO » ou encore une introduction en bourse.

Le business angel investit donc. Mais qui dit investissement, dit gain et risque. Or, pour ce qui concerne des jeunes entreprises, le risque est maximal, c’est pourquoi ce type d’investissement se concentre généralement sur des entreprises ayant un très fort potentiel. Ainsi, sur 20 investissements, 19 se solderont peut être par un échec, mais le 20ème doit apporter un rendement tel qu’il couvre les pertes des 19 autres, et une plus-value additionnelle. Comme on ne sait pas lequel réussira et lequel échouera, il faut donc cibler uniquement des projets au potentiel maximal.

Pour diluer ce risque et pouvoir investir dans plusieurs opportunités, le business angel rejoindra souvent un « club de business angel », « club d’investisseurs » ou encore « club deal », afin d’investir en groupe dans plusieurs opportunités d’investissement en amorçage.

Ces clubs sont souvent confidentiels, car ils sont généralement limités en termes de nombre, et nécessitent un investissement annuel minimum par personne allant de 1 000€ à plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Pour ce qui concerne les clubs centrés sur le continent Africain, on peut citer Lidaw Investments & Co qui investit dans des entreprises Togolaises, ou encore Club Cool Invest.

Vous êtes intéressé.e par l’investissement et l’accompagnement d’entrepreneurs du continent ou des diasporas ? Laissez-nous vos coordonnées !

Que signifie réellement investir ?

Investir, qu’est-ce que ça signifie ?

Le sujet de l’investissement est souvent mis en avant. Parfois synonyme de must do, parfois décrié, de quoi s’agit-il exactement ?

Investir a plusieurs significations mais un même sens

  • Investir signifie selon le Larousse : « Placer des fonds dans quelque chose en vue d’en tirer un bénéfice : Investir son argent dans des actions. »

Les autres définitions du mot investir traduisent soit la remise d’un pouvoir, soit la dépense de temps dans une activité.

Investir, c’est un peu tout cela. C’est un effort important d’anticipation sur le résultat futur d’une activité ou d’un groupe aujourd’hui. Investir nécessite un travail important car il s’agit de travailler aujourd’hui pour un résultat demain. 

  •  on retrouve donc un travail d’analyse préalable pour déterminer les projets qui valent la peine d’y investir
  • le mode d’investissement adéquat au sein de ce projet
  • la mobilisation des ressources pour investir
  • la réalisation de la délivrance de l’objet de l’investissement
  • le suivi de l’investissement

L’investissement nécessite l’identification d’un actif

Qui dit investissement dit nécessairement actif. 

L’identification d’un actif est complexe. En droit, on comprend la notion d’actif comme : « Ensemble de biens ou de droits qui constituent un patrimoine ou une universalité juridique« , en comptabilité, il s’agit de :  « Tous les biens et droits que possède l’entreprise : bâtiments, fonds de commerce, matériel, créances, brevets déposés, par exemple. Il distingue l’actif immobilisé (fonds de commerce, matériel notamment) et l’actif circulant (stocks, personnel, créances, solde bancaire créditeur, par exemple) »

Dans le sens de l’investissement, aucune de ces deux définitions ne semble néanmoins convenir. Chez Dama Advisory, on définit l’actif au sens large comme tout type de bien, avantage, droit et compétence. 

Un actif comprendra alors l’acquisition de compétences rares (on investit dans son éducation et dans l’éducation de ses salariés), de biens corporels ou incorporels (usines, marques), financiers (actions, titres de dette) et autres droits (titres de créance).

Chez Dama Advisory, nous vous proposons d’investir dans des biens financiers à savoir des actions et des titres de dette.

L’investissement nécessite des ressources

Si les ressources sont larges, elles peuvent être synthétisées en deux grandes catégories : 

  • la ressource temps
  • la ressource financière (et assimilé)

La ressource temps est la ressource constituant l’investissement de l’entrepreneur(e) qui va mobiliser son temps et son talent au service du projet entrepreneurial.

La ressource financière (et assimilé) est la ressource d’un investisseur qui apportera principalement au projet des moyens d’attirer plus de talents au soutien de l’entrepreneur (argent, biens augmentant la productivité etc). 

Chez Dama Advisory, nous accueillons aussi les particuliers qui souhaitent investir dans des projets africains. 

N’hésitez pas à nous contacter.

Alors, que signifie réellement investir ?

Investir, c’est faire un pari raisonné sur les potentiels futurs de projets en cours aujourd’hui. En passant par Dama Advisory, investir c’est soutenir des projets de talents africains en mettant à disposition des fonds contre des actions et des titres de dette. 

Alors, êtes-vous prêt(e) à investir ?