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Introduction

Le crowdfunding marocain, encadré par la loi n°15-18 depuis 2021, émerge comme une solution alternative pour financer l’innovation technologique. Malgré des défis persistants, cet écosystème attire des acteurs locaux et internationaux, du fait d’un grand potentiel économique et de réformes ambitieuses.

1. Le cadre juridique : une révolution réglementaire

La loi 15-18 a jeté les bases d’un crowdfunding structuré, attirant l’attention des acteurs financiers locaux et internationaux. Cette loi définit clairement les règles pour trois types de financement :

Les opérations de don et de prêt sont placées sous le contrôle de Bank AI Maghrib et du Secrétariat général du gouvernement, tandis que les activités d’investissement sont supervisées par l’Autorité Marocaine des Marchés de Capitaux (AMMC) qui vient de mettre en ligne un portail dédié.

Le rôle de Bank Al-Maghrib et de l’AMMC est central pour l’agrément de ces plateformes.

L’article « Financement collaboratif : Le cadre législatif favorise un climat de confiance des utilisateurs et des investisseurs » sur le site de Finance news hebdo fournit une vue d’ensemble détaillée du cadre juridique et réglementaire pour le crowdfunding au Maroc, et les textes de loi et règlement sont accessibles sur le site internet de Bank Al-Maghrib

2. Les “success stories” du secteur déjà en lice

  • AKKAN, une plateforme de crowdfunding basée sur le prêt et l’investissement en capital

Lancée en 2020, par Nasser KETTANI notamment (ex-CTO Microsoft), AKKAN ambitionne de redéfinir le financement des petites et moyennes entreprises (PME) et startups marocaines à travers une plateforme de crowdfunding axée sur l’investissement en capital et le prêt participatif. Se démarquant des modèles traditionnels centrés sur le don ou la prévente, AKKAN offre aux contributeurs la possibilité de devenir actionnaires ou prêteurs, les associant directement à la croissance des entreprises qu’ils soutiennent.

L’objectif d’AKKAN est de créer un lien entre les investisseurs (particuliers ou institutionnels) et les entreprises à fort potentiel, stimulant ainsi un écosystème entrepreneurial plus dynamique et diversifié. La plateforme s’assure de mettre l’accent sur la transparence et la sécurité, en utilisant des processus  de vérification et d’évaluation qui se veulent rigoureux pour garantir la confiance des investisseurs.

  • Kiwi Collecte, la plateforme de crowdfunding basée sur le don

En mars 2024, Kiwi Collecte est devenue l’une des premières plateformes marocaines à obtenir un agrément de la Banque Al-Maghrib (BAM) pour le crowdfunding par don. Fondée en 2021 par Sarah Jaidi et Othmane Lamrini, cette startup s’est spécialisée dans le financement de projets culturels, sportifs et entrepreneuriaux, et vise à répondre aux exigences de transparence et de sécurité imposées par le nouveau cadre juridique. Son business model repose sur une commission prélevée sur les montants collectés, avec des campagnes comme le Téléthon Maroc 2025 pour le centre de réhabilitation Noor, visant à lever 20 millions de dirhams. 

Kiwi Collecte a su capitaliser sur l’agrément pour élargir son portefeuille de projets, en ciblant notamment les startups peinant à accéder aux financements bancaires traditionnels. 

La plateforme mise sur une communication adaptée et des partenariats institutionnels, comme en témoigne sa présence au GITEX Africa 2024 à Marrakech, où elle a présenté son modèle à un public international.

3. Une nouvelle classe de fintechs à financer

Comme pour plusieurs Sociétés de Financement Collaboratif (SFC), qui ont une vocation à démocratiser le crowdfunding, beaucoup auront besoin de lever des fonds pour le développement de leurs plateformes. En quoi est-ce que cela consiste ?

Et bien l’opération de levée de fonds s’illustre par le soutien de divers investisseurs stratégiques, cherchant à propulser l’entreprise dans sa phase de croissance. 

Cela servira à développer davantage la technologie de la Plateforme électronique de Financement Collaboratif (PCF), à augmenter l’empreinte de marché et à optimiser les opérations grâce à une meilleure régulation. Les fonds permettront aussi d’assurer la conformité aux nouvelles réglementations introduites par la Loi 15-18 tout en permettant au public de pouvoir investir et bénéficier de potentiels retours sur investissements qu’offre l’économie marocaine.

4. Implications pour le marché

L’historique de transactions souligne l’attractivité croissante du secteur du crowdfunding au Maroc, renforcée par une infrastructure juridique robuste. Elle positionne les Sociétés de Financement Collaboratif (SFC) comme des acteurs clés, capables de remodeler les avenues du financement alternatif par le biais de l’innovation et de la conformité réglementaire.

D’après le baromètre publié par Happy Smala en 2024, la période allant de 2021 à 2023 a été marquée par une nette accélération du crowdfunding au Maroc. Durant ces trois années, 409 campagnes ont permis de mobiliser un total 10,9 millions de dirhams soit c.1 M€, illustrant l’intégration croissante de ce mode de financement alternatif dans le paysage entrepreneurial marocain. Cette évolution témoigne de l’intérêt grandissant pour des solutions de financement innovantes, particulièrement dans un contexte où l’accès aux circuits classiques demeure limité pour de nombreux porteurs de projets.

Pour le secteur global, cela signifie un potentiel de croissance accru, avec un cadre propice attirant plus d’acteurs internationaux intéressés par des investissements durables et réglementés.

Conclusion

La mise en place d’un cadre juridique complet pour le crowdfunding au Maroc, marque un moment charnière dans le paysage de la levée de fonds au Royaume Chérifien. Cette évolution ne signifie pas seulement l’attrait croissant du secteur du crowdfunding, mais ouvre également la voie à un environnement d’investissement plus structuré et plus sûr. Pour les entreprises, en particulier les entreprises technologiques et les jeunes pousses de l’industrie verte, il s’agit d’une occasion en or de puiser dans de nouveaux gisements de capitaux et de stimuler l’innovation.

À l’avenir, le potentiel de croissance du marché du crowdfunding est considérable, ouvrant la voie à des avancées technologiques plus importantes et à une plus grande pénétration du marché. Ce potentiel est d’autant plus important que le cadre réglementaire fourni par la Loi 15-18 encourage les investisseurs nationaux et internationaux à explorer le marché marocain avec une plus grande confiance.

Cet attractivité doit néanmoins être nuancée en ce que les montants obtenus par crowdfunding sont généralement relativement faibles, ce marché ayant eu des résultats plus faibles que les espérances en europe. Il n’empêche que dans un contexte de forte croissance économique et d’insuffisance de l’investissement, toute source additionnelle est bonne à prendre, d’autant plus lorsqu’elle peut permettre une distribution du capital plus juste entre les mains des entrepreneurs méritants.

Article rédigé avec le concours de Fabrice BOTOKRO, analyste chez Dama. 

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Sources : 

French Tech: Ingérop fait l’acquisition de CityClimateX

Le monde de la technologie repose sur la croissance, l’innovation et les stratégies audacieuses. Dans un mouvement décisif pour les secteurs de l’ingénierie et des technologies climatiques, le 27 août 2024, Ingérop, groupe d’ingénierie et de conseil de premier plan, a annoncé l’acquisition de CityClimateX, une entreprise spécialisée dans les solutions de gestion urbaine et…

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